Alfaga, le champion nigérien de taekwondo qui vise l’or aux Jeux olympiques de Tokyo

Il a longtemps pratiqué son sport en cachette avant de remporter de nombreuses médailles.

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France Télévisions
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Le taekwondiste Abdoulrazak Alfaga lors d'une cérémonie à Niamey, après qu'il a décroché la médaille d'argent aux Jeux olympiques de 2016. (BOUREIMA HAMA / AFP)

Champion du monde et vice-champion olympique de taekwondo, Abdoulrazak Alfaga, 26 ans, vise désormais la médaille d’or l'été prochain à Tokyo pour devenir le premier champion olympique de son pays, l'un des plus pauvres du monde.

Taekwondoïste caché

Si vous n’êtes pas fan d'arts martiaux, son nom ne vous dit peut-être pas grand-chose. Mais au Niger, "Alfa", 26 ans, est LE champion qui fait vibrer tout un peuple. Rien pourtant ne prédisposait le jeune Abdoulrazak Alfaga à devenir une vedette de Taekwondo. Petit, ses parents lui interdisaient de pratiquer ce sport de combat, son père ayant été marqué par la mort d'un cousin, victime d'un accident cardiaque après un entraînement. Lors d’un séjour chez son oncle au Bénin, ce dernier l'y remet sans rien dire à ses parents. De retour au Niger, il continue de faire face à l’opposition de sa mère qui lui confisque sa tenue. Il pratiquera donc en cachette jusqu’à l’âge de 16 ans et participera même à des compétitions.

Quand je gagnais des médailles, je les cachais pour ne pas que ma mère les voit

Abdoulrazak Alfaga, champion nigérien de Taekwondo

à l'AFP

 Mais en 2011, sa mère apprend qu’il est sélectionné par l’équipe nationale. Elle finit par lui donner son feu vert à une condition : "OK, mais tu n’as pas droit à l’erreur."

Champion international

Alfaga perce sur la scène internationale à partir de 2012 et remporte l'or aux Jeux africains trois ans plus tard à l’âge de 21 ans. Doté d'un physique exceptionnel (2,07 m pour 98 kg), très assidu aux entraînements, le sportif voit ses performances soutenues par l'Etat nigérien qui finance son entraînement à Friedrichschafen, dans le sud de l'Allemagne.

Visant initialement les Jeux olympiques 2020 à Tokyo, il brûle les étapes et décroche son billet pour les JO de 2016 à Rio. Dans le tournoi des plus de 80 kilos, il crée la surprise en demi-finale en battant le N°1 mondial. Il rate de peu la médaille d’or. C’est une victoire quand même qu’il dédie à ses parents décédés depuis. Désormais, il vise la première place sur le podium et veut voir son pays devenir une puissance mondiale du taekwondo.

Alfa explique par des causes sociales la réussite des pays africains, comme le Mali, le Gabon ou la Côte d'Ivoire du champion olympique 2016 Cheick Cissé dans cette discipline.

En Afrique, on se bagarre dans la rue. Il faut être le plus fort. Même chez les enfants, tout est permis. Mais je dis aux jeunes qu'il faut se battre sur le tatami et non dans la rue

Abdoulrazak Alfaga, champion nigérien de Taekwondo

à l'AFP

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