Agression d’une joggeuse: 300 Algériennes ont couru à Alger pour leur liberté

L’appel lancé sur les réseaux sociaux a été entendu par les internautes. Entre 300 et 500 Algériennes ont participé au «footing de solidarité» à Alger samedi 9 juin 2018. Objectif: soutenir la jeune joggeuse Ryma, agressée pendant qu’elle faisait son footing, peu avant l’heure de rupture du jeûne.

Entre 300 et 500 Algériennes ont couru, samedi 9 juin 2018, pour soutenir Ryma, jeune joggeuse agressée.
Entre 300 et 500 Algériennes ont couru, samedi 9 juin 2018, pour soutenir Ryma, jeune joggeuse agressée. (Facebook/Amina Bouraoui)

Cinq kilomètres pour dire non à l’agression. Les initiatrices du «footing de solidarité» ont été agréablement surprises par le succès de leur appel lancé sur les réseaux sociaux.

Tout commence la semaine dernière par l’agression de la jeune Ryma pendant son footing par un passant. «Pourquoi tu cours? Ta place est dans la cuisine à cette heure-ci !», s’entend-elle reprocher, avant d’être tabassée. Elle se rend à la gendarmerie pour déposer plainte et se serait entendu dire par un représentant de l’ordre: «Et toi alors? Pourquoi es-tu allée faire du footing à cette heure-ci?» Sa vidéo devient virale.



L'affaire prend une grande ampleur après l'appel lancé par RadioM aux femmes pour occuper l'espace public. Le mot-dièse, hashtag, «Arwahi tajri» (Viens courir) trouve écho. Samedi 9 juin, elles étaient entre 300 et 500, au milieu d’hommes venus aussi exprimer leur solidarité, à parcourir les 5 kilomètres de la Promenade des Sablettes, à Alger. Jeunes et moins jeunes, elles brandissaient des pancartes «Ma place est où je veux», «Laisse-la tranquille», «Ma place n’est pas à la cuisine» ou encore «Je cours aujourd’hui et demain, je cours pour aujourd’hui et demain».




Sur les réseaux sociaux, les islamistes ont organisé une campagne virtuelle pour déniger le succès du «footing solidaire».

(Ma place est là où le prophète et mon mari le désirent : vive la cuisine)