Afrique : l’OMS multiplie par cinq les chiffres de la mortalité liée à la pandémie de Covid-19

Une étude de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) montre que le nombre de décès associés à la pandémie et à ses conséquences sanitaires a été largement sous-estimé, notamment en Afrique.

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France Télévisions Rédaction Afrique
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Logo de l'OMS modifié (12 janvier 2021). L'illustration montre en surimpression une seringue médicale et un flacon de vaccin contre le Covid-19. . (ARTUR WIDAK / NURPHOTO)

Les années 2020 et 2021 ont été marquées par une surmortalité mondiale trois fois plus importante par rapport aux années précédentes, affirme une étude de l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Les décès liés directement ou indirectement à la pandémie de Covid-19 seraient trois fois supérieurs à ceux recensés dans le monde, cinq fois supérieurs à ceux recensés en Afrique.

Des chiffres sous-évalués

Le nombre de décès officiels ne représenterait qu'un décompte minoré du nombre total de morts dus à la pandémie et à ses conséquences sanitaires, selon une étude de l'OMS. Ainsi, pour les années 2020 et 2021, la mortalité liée directement ou indirectement au Covid-19 s’élèverait à environ 15 millions dans le monde, soit trois fois le chiffre officiellement annoncé. Et l’Afrique ne fait pas exception. Sur la période, le nombre d’Africains décédés du Covid s’élèverait à 1,24 million selon l’OMS, soit cinq fois plus que les 229 197 morts officiellement répertoriés par le bureau africain de l’Union africaine (CDC). De nombreux décès attribuables au Covid-19 ont échappé aux statistiques parce qu’aucun test n'a été effectué avant ou après le décès.

Cette surmortalité se mesure notamment en comparant le nombre de morts des années 2020 et 2021 aux données des dix années précédentes. Mais les statistiques africaines sont souvent lacunaires : "Seuls cinq pays ont pu fournir des données consolidées, 42 n’en ont pas suffisamment et quelques-uns pas du tout. Nous sommes donc face à une véritable difficulté de modélisation, qui pourrait faire redouter un nombre plus important de ces décès cachés", affirme William Msemburi, analyste à l'OMS.

La pandémie a freiné la lutte contre VIH, paludisme, tuberculose

"Les lacunes révélées par la pandémie de Covid-19 indiquent qu'un des enjeux cruciaux des années à venir sera de renforcer les systèmes d’information sanitaires, partout dans le monde, pour pouvoir mieux protéger et prévenir."

Docteure Samira Asma, chargée du dossier statistiques

OMS

Autres explications au phénomène données par l’étude de l'OMS : les campagnes de vaccination interrompues pour d’autres maladies et l’accès restreint à certains traitements et médicaments. La pandémie a sérieusement freiné la lutte contre le VIH, la tuberculose, le paludisme et la rougeole.

Sur le continent, les chiffres laissent entrevoir que les Africains sont morts autant du Covid-19 en lui-même que de ses conséquences sanitaires. Avec 47 000 cas de paludisme supplémentaires en 2020, on peut émettre l’hypothèse que des morts du Covid ont pu être recensés comme une mortalité liée au paludisme.

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