Belgique : la grève de la faim de 450 sans-papiers à Bruxelles fait tanguer le gouvernement

Depuis le 23 mai, ces étrangers en situation irrégulière observent une grève de la faim dans une église bruxelloise et sur deux sites de l'Université libre de Bruxelles.

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Des migrants en grève de la faim à Bruxelles, le 19 juillet 2021. (FRANCOIS WALSCHAERTS / AFP)

"Un drame est imminent." Des associations et partis politiques ont tiré la sonnette d'alarme lundi 19 juillet sur la santé très dégradée des 450 sans-papiers en grève de la faim à Bruxelles. Un conflit qui fait tanguer le gouvernement belge et dont s'est même saisi l'ONU. Dans un courrier rendu public lundi à Genève, deux rapporteurs spéciaux des Nations unies ont appelé l'exécutif dirigé par Alexander De Croo à prendre des mesures face aux risques de "violation des droits humains" auxquels sont exposés les 150 000 étrangers sans papiers recensés en Belgique.

Ils ont surtout plaidé pour la délivrance d'un permis de séjour temporaire avec accès au marché du travail pour les 450 sans-papiers. "Les informations que nous avons reçues sont alarmantes, et plusieurs grévistes de la faim sont entre la vie et la mort", a lancé l'un des deux experts, Olivier De Schutter, qui leur avait rendu visite le 8 juillet.

Des grévistes évacués en ambulance

Sur place, en l'espace d'un heure, deux grévistes sont évacués par ambulance, l'un sur une civière, l'autre sur un fauteuil roulant, un masque à oxygène sur le visage, a constaté l'AFP. Ce conflit qui s'est durci depuis le début de l'été menace désormais la survie de la coalition au pouvoir depuis octobre 2020 en Belgique. Deux partis qui en sont des piliers, le PS francophone et Ecolo-Groen, ont menacé lundi de la quitter si un décès devait survenir.

Depuis le 23 mai, quelque 450 personnes, principalement des Marocains et des Algériens, observent une grève de la faim dans une église bruxelloise et sur deux sites de l'Université libre de Bruxelles. Le collectif qui les soutient met en avant des années de séjour et de travail en Belgique dans des secteurs en manque de main d'œuvre comme le bâtiment. Après des semaines de dialogue de sourds avec les autorités, certains viennent d'opter pour un mode d'action encore plus radical et refusent de boire.

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