Des migrants et demandeurs d'asile arrivant au Royaume-Uni vont être envoyés au Rwanda

La ministre britannique de l'Intérieur Priti Patel a signé le 14 avril 2022 à Kigali au Rwanda un accord pour dissuader les migrants de traverser la Manche.

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France Télévisions
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Au premier plan, le Premier ministre britannique Boris Johnson et la ministre de l'Intérieur Priti Patel à Leigh-on-Sea, en Grande-Bretagne, le 16 octobre 2021.  (EYEPRESS NEWS)

Boris Johnson durcit sa politique migratoire. Le Rwanda a signé un accord avec Londres pour accueillir sur son sol des migrants et demandeurs d'asile de diverses nationalités arrivant du Royaume-Uni. Le gouvernement britannique espère ainsi dissuader les traversées illégales de la Manche. Londres financera dans un premier temps le dispositif à hauteur de 120 millions de livres sterling (144 millions d'euros).

Création de centres à l'étranger

Depuis des mois, Boris Johnson et son gouvernement cherchent à conclure des accords avec des pays tiers où envoyer les migrants en attendant de traiter leur dossier. Le Rwanda et le Ghana avaient été évoqués, mais le Ghana a fermement nié en janvier être en discussion avec le Royaume-Uni sur le sujet.

Le Parlement britannique est par ailleurs sur le point d'adopter une loi qui pourrait autoriser la création de centres à l'étranger pour expulser les migrants le temps que leur demande soit traitée ou encore autoriser les gardes-côtes à repousser hors des eaux britanniques les embarcations de migrants.

Selon le Haut Commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR), cette loi, si elle est adoptée, contredirait à la Convention de Genève pour les réfugiés qu'a signée le Royaume-Uni.

De son côté, "le Rwanda se réjouit de ce partenariat avec le Royaume-Uni pour accueillir des demandeurs d'asile et des migrants, et leur offrir des voies légales pour vivre" dans ce pays d'Afrique de l'Est, a déclaré dans un communiqué le ministre rwandais des Affaires étrangères Vincent Biruta.

Stopper l'immigration

Alors que le dirigeant britannique conservateur avait promis de contrôler l'immigration, un des sujets clés dans la campagne du Brexit, le nombre de clandestins traversant la Manche a triplé en 2021. Dans un discours prévu dans le Kent (sud-est de l'Angleterre), non loin des côtes anglaises ou arrivent les migrants par bateaux, Boris Johnson doit détailler ses mesures pour "casser les structures des passeurs, intensifier les opérations dans la Manche, poursuivre plus de criminels en justice et mettre fin au commerce barbare de la misère humaine", selon Downing Street.

"Je comprends que ces personnes recherchent une vie meilleure (...) et les espoirs d'un nouveau départ, doit déclarer M. Johnson, selon ses services. Mais ces espoirs, ces rêves, ont été exploités. Ces passeurs abusent de personnes vulnérables et font de la Manche un cimetière sous-marin".

Ce projet a suscité des réactions scandalisées, des organisations de défense des droits de l'Homme dénonçant son "inhumanité", tandis que l'opposition a jugé que le Premier ministre britannique tentait de détourner l'attention après avoir reçu une amende pour une fête d'anniversaire en plein confinement.

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