Trois questions sur le virus Ebola qui resurgit en République démocratique du Congo

Un cas de contamination a été détecté dans une ville du nord-ouest de ce grand pays d'Afrique centrale.

Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
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Temps de lecture : 2 min.
Deux médecins congolais dans un centre de traitement Ebola à Béni, dans l'est de la République démocratique du Congo en mai 2019.  (KITSA MUSAYI / DPA)

La République démocratique du Congo a déclaré une épidémie d'Ebola après la confirmation d’un cas dans une ville du nord-ouest du pays. Le malade, un homme de 31 ans, est décédé à l’hôpital le 21 avril 2022 après quinze jours de soins. Plus de 70 cas contacts ont été identifiés et sont suivis par les autorités sanitaires pour tenter d’éviter la propagation de cette maladie qui a frappé plus d'une fois en Afrique. Voici trois questions pour en savoir plus sur ce virus virulent. 

1C'est quoi déjà Ebola ?

Appelée d’abord fièvre hémorragique, Ebola est une maladie grave, souvent mortelle, dont le taux de létalité peut atteindre 90%, comme l’explique l'Organisation mondiale de la Santé (OMS). Le virus apparaît pour la première fois en 1976 à Yambuku, un village isolé près de la rivière Ebola en République démocratique du Congo. Intrigué par cette maladie mystérieuse, le chercheur congolais Jean-Jacques Muyembe-Tamfum envoie dans une glacière de fortune un échantillon sanguin d’une malade à l'Institut de médecine tropicale d'Anvers en Belgique, où travaillait le Dr Peter Piot. Le virus est alors identifié et baptisé du nom d'Ebola. On ignore son origine, mais les données disponibles actuellement semblent désigner certaines chauves-souris comme des hôtes possibles.

2Comment attrape-t-on Ebola ?

Le virus Ebola se transmet à l'homme par des animaux infectés ou par le sang ou autres fluides corporels de personnes infectées. Il est en tout cas extrêmement contagieux et se manifeste par une fièvre brutale, une faiblesse intense, des douleurs musculaires et articulaires, des maux de tête et de gorge et parfois même des hémorragies. Contrairement au Covid-19, il n’y pas de malades asymptomatiques et le virus est extrêmement virulent et contagieux. Une personne morte de la maladie garde dans son corps une charge virale très élevée et peut contaminer ceux qui l’approchent s’ils ne prennent pas les mesures nécessaires pour se protéger.

3Existe-t-il un vaccin contre Ebola ?

Un vaccin mis au point en 2015 a largement contribué à combattre la maladie. Il a d’abord été expérimenté en Guinée Conakry, où il a fait ses preuves lors de la grande épidémie (2013-2016) qui a touché l'Afrique de l'Ouest. Depuis, le vaccin, commercialisé sous le nom Ervebo du groupe américain Merck & Co et un autre du groupe Johnson & Johnson, a été utilisé en République démocratique du Congo pour venir à bout de deux flambées, dans l'est et le nord-ouest du pays. Le vaccin Ervebo représente un "progrès majeur" selon la revue médicale indépendante Prescrire qui rappelle que sa durée de protection n'est pas connue. Sa conservation est contraignante, ce qui complique son utilisation dans de nombreux pays. Par ailleurs, deux traitements approuvés fin 2020 par l'Agence américaine des médicaments ont été considérés comme efficaces à 90% par l'OMS, à condition bien sûr que les personnes contaminées soient soignées le plus tôt possible.

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