RDC: Amnesty veut responsabiliser les sociétés qui emploient du cobalt

Amnesty International demande aux industriels de l’électronique et de l’automobile de vérifier leurs importations de cobalt. Car le composant indispensable dans cette industrie pourrait provenir des mines de République démocratique du Congo. Selon l’ONG, 16 multinationales, dont Apple, Daimler, Lenovo, Microsoft ou Samsung, ne savent pas d’où provient ce minerai.

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La RDC, l'un des pays les moins développés au monde, produit plus de la moitié de la production mondiale de cobalt : 7000 tonnes par an. La demande croît de 5% chaque année. Tablettes, ordinateurs portables, voitures électriques… tous ces produits électroniques utilisent ce minerai dans la fabrication des batteries en lithium-ion.   REUTERS / Kenny Katombe
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"Les sociétés multinationales qui utilisent des batteries lithium-ion (fabriquées par des fournisseurs chinois) dans leurs produits doivent procéder à des contrôles en matière de droits de l'Homme. Elles doivent enquêter pour savoir si le cobalt est extrait dans des conditions dangereuses ou par des enfants, et être plus transparentes sur leurs fournisseurs", déclare l'organisation de défense des droits de l'Homme. Monty Rakusen / Cultura Creative
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Au sud-est de la RDC se concentrent les principales mines des grands groupes qui assurent l'essentiel de la production du pays. Mais les conditions de travail, d'hygiène et de sécurité sont dangereuses pour les 130.000 mineurs clandestins (les creuseurs) qui y travaillent pour un maigre salaire. En 2015, au moins 80 mineurs sont morts. REUTERS/Jonny Hogg
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Beaucoup d'enfants désertent l'école pour pénétrer les galeries souterraines meurtrières, creusées avec des outils rudimentaires. Amnesty International dénonce depuis longtemps cette exploitation: "Les enfants employés dans ces mines se retrouvent à travailler souvent plus de 12h d’affilée, restant parfois 24h au fond de la mine. Ils travaillent par forte chaleur ou sous la pluie et portent des sacs allant de 20 à 40 kilos. Sans vêtements de protection, ils tombent malades et risquent leur vie tous les jours pour gagner entre 1 et 2 dollars la journée, qu’ils se font souvent taxer par la police. Ils ne dénoncent pas ce racket car leur travail est illégal." AFP PHOTO / Junior D. Kannah
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De plus, les énormes autres ressources minières du pays (or, étain, coltan et tungstène) entraînent de nombreux conflits depuis plus de 20 ans, principalement au Nord et au Sud-Kivu. En 2014, une loi américaine est entrée en vigueur sur ces minerais dits "du sang". Elle oblige les sociétés cotées aux Etats-Unis à divulguer aux autorités de régulation boursière américaines si elles emploient ces matières premières et, le cas échéant, si elles ont utilisé de tels matériaux extraits en RDC ou dans ses neuf pays voisins. AFP / LIONEL HEALING
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Mais Amnesty International et l'ONG Global Witness  accusent les grandes entreprises américaines de négliger leurs obligations découlant de cette loi. Le Parlement européen veut lui aussi encadrer l'extraction de ces roches. Reuters/Kenny Katombe