Le "Covid business" en RDC ou les effets secondaires de la riposte d’urgence

Un rapport épingle une série de dysfonctionnements dans les principaux secteurs d'intervention en République démocratique du Congo. 
 

Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
Publié Mis à jour
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Une employée de l'équipe d'intervention prend la température des passagers arrivant à l'aéroport international de Kinshasa, le 15 août 2020, dans le cadre des mesures sanitaires prises pour lutter contre le coronavirus.  (ARSENE MPIANA / AFP)

La riposte au Covid-19 en République démocratique du Congo (RDC) met en évidence, une fois encore, le sous-financement du système sanitaire congolais et toutes ses défaillances, selon une étude publiée par le Groupe d’étude sur le Congo (GEC), un organisme indépendant basé à New York.

Une énième épidémie

Rougeole, choléra, Ebola… La République démocratique du Congo a déjà connu plusieurs épidémies avant d’enregistrer le premier cas de Covid-19 en mars 2020. Et comme à chaque fois, rien ou presque n'était prévu pour faire face à une crise sanitaire. Le pays ne consacre que 8% de son budget à la santé et le système est "défaillant", comme le souligne le rapport intitulé Covid business en RDC - Repenser la riposte aux épidémies. La riposte se fait donc dans l’urgence et avec une aide internationale indispensable.

"La RDC a connu 11 épidémies d'Ebola et d'autres maladies endémiques, mais le pays n’est jamais parvenu à pérenniser un schéma opérationnel de riposte"

Rapport du Groupe d’étude sur le Congo (GEC)

Trop de nouvelles structures

Pour faire face au Covid-19, le gouvernement congolais a créé au moins cinq nouvelles structures. Cette multiplication de dispositifs a engendré plus de dépenses et plus de lourdeurs administratives sans résoudre les problèmes récurrents de mauvaise gestion, indique le rapport citant un organigramme "pléthorique et budgétivore" qui empêche un contrôle efficace des fonds alloués à la riposte contre l'épidémie. 

Le "business" des primes

Avec une riposte d’urgence, il est difficile d’avoir une vision claire sur la gestion financière. Selon l'étude, sur 363 millions de dollars alloués en avril 2020 par le FMI pour atténuer les effets de la pandémie, "le gouvernement n'a pu publier sur le site du ministère de la Santé qu'une quarantaine de documents justifiant l'utilisation de seulement 6 millions de dollars".

Le Groupe d’étude sur le Congo évoque des abus présumés concernant notamment la facturation des soins ou bien encore ce qu’il appelle le "business des primes". Le ministère de la Santé profite de l’aide internationale pour payer des primes au personnel médical qui n’est pas rémunéré normalement. Cette procédure, qui a lieu dans un contexte d'urgence, est assez confuse et manque de transparence.

"Ce système de gratification favorise le clientélisme sans régler les questions, bien légitimes, de l’amélioration des conditions de vie des personnels de santé"

Rapport du Groupe d’étude sur le Congo (GEC)

Le rapport préconise notamment l’adoption d’un plan d’intervention bien défini pour gérer les épidémies et sortir des procédures d’urgence pour optimiser les fonds alloués à la riposte.

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