Congo Belge : les enfants de la colonisation demandent justice

De nombreux enfants métis ont été arrachés à leurs mères, puis abandonnés au Congo lors de la proclamation de l’indépendance du pays en 1960. 

"Ça, c’est mon papa", montre sur une vieille photographie Léa Tavares Mujinga. "Quand il est parti en vacances, quand il est revenu, il ne m’a plus retrouvée. Parce que l’État belge m’avait enlevée. J’avais deux ans", raconte-t-elle. Léa Tavares Mujinga est née pendant la période coloniale du Congo belge, dans les années 40, de l’union entre une femme noire et un homme blanc.

Destin tragique 

Comme elle, des milliers d’enfants métis ont été retirés de force à leurs mères. "On s’appelait les enfants du péché", dit Léa Tavares Mujinga. L’administration belge place alors ces enfants dans des institutions catholiques. À l’indépendance du pays le 30 juin 1960, quand les religieuses quittent le Congo, certains enfants sont envoyés en Belgique pour y être adoptés. D’autres sont abandonnés, et deviennent parfois les proies de miliciens congolais. Léa Tavares Mujinga vit désormais en Belgique, où elle n’a pas de famille. Elle assigne avec quatre autres plaignantes l’État belge en justice pour crime contre l’humanité. 

La statue de l\'ancien roi belge Léopold II sur les hauteurs de Kinshasa, le 12 novembre 2019. Ses détracteurs l\'accusent d\'avoir incarné la violence du système colonial au Congo.
La statue de l'ancien roi belge Léopold II sur les hauteurs de Kinshasa, le 12 novembre 2019. Ses détracteurs l'accusent d'avoir incarné la violence du système colonial au Congo. (SAMIR TOUNSI / AFP)