Qui est le dentiste accusé d'avoir tué Cecil, le lion le plus célèbre du Zimbabwe ?

Walter James Palmer est traqué sur le net et aux Etats-Unis, près de son cabinet dentaire, après avoir abattu le lion chouchou d'un parc national zimbabwéen.

Le lion Cecil dans le parc national de Hwange, au Zimbabwe, 21 octobre 2012.
Le lion Cecil dans le parc national de Hwange, au Zimbabwe, 21 octobre 2012. (ZIMBABWE NATIONAL PARKS / AFP)

La chasse au dentiste est lancée. Un riche Américain déclenche une vive polémique sur les pratiques des amateurs de grande chasse en Afrique, après s'être offert la tête d'un lion à crinière noire au Zimbabwe grâce à des organisateurs locaux de safaris, qui comparaîtront mercredi 29 juillet. 

Chouchou des dizaines de milliers d'amateurs de safari photo qui visitent le parc national de Hwange chaque année, ce lion mâle baptisé Cecil avait 13 ans et était né dans le parc. Cecil a été attiré hors du parc grâce à une carcasse attachée à un véhicule, puis a été abattu, décapité et dépecé, après une traque de deux jours, l'animal ayant été d'abord blessé par une flèche. En tuant ce célèbre lion, Walter James Palmer, dentiste dans le Minnesota, est devenu le nouvel ennemi public numéro 1.

"Je ne connaissais pas le statut de célébrité locale" du lion

Après la stupeur, le scandale et l'émotion, la traque a débuté sur le net et aux Etats-Unis. Les comptes Twitter et Facebook professionnels du dentiste ont été fermés mardi 28 juillet après avoir été submergés par des attaques virulentes, et un mémorial improvisé a commencé à prendre forme devant la porte de son cabinet à Minneapolis, plusieurs passants déposant des peluches et des fleurs en hommage au lion. Sur le compte Yelp du dentiste, âgé d'une cinquantaine d'années, des internautes se présentant comme ses clients annulent leurs rendez-vous. 

Selon une source proche du dossier citée par l'AFP, Walter James Palmer n'a passé qu'une semaine au Zimbabwe début juillet, et c'est après son départ que les autorités du parc et les défenseurs de la nature ont alerté les médias sur la mort du lion. Dans un communiqué publié mardi en fin de journée, le dentiste exprime ses regrets mais se défausse sur ses intermédiaires. "Je regrette profondément que la poursuite d'une activité que j'aime et que je pratique avec responsabilité et dans la légalité se soit traduite par la mort de ce lion (...) dont je ne connaissais pas le statut de célébrité locale", écrit ce père de deux enfants. Il ajoute qu'il "faisait confiance à l'expertise des guides locaux professionnels afin de chasser dans un cadre légal".

L'homme n'en serait pas à son coup d'essai

Insistant sur sa bonne foi, Walter James Palmer affirme ne pas avoir été contacté par les autorités zimbabwéennes ou américaines, mais être disponible pour "les aider dans leurs enquêtes". Toutefois, selon l'ONG Zimbabwe Conservation Task Force, les chasseurs auraient tenté en vain de détruire le collier du lion, doté d'un émetteur GPS, avant de dépecer et décapiter l'animal pour en faire un trophée. Et l'homme n'en serait pas à son coup d'essai. "Selon nos informations, il semble qu'il ait déjà commis des crimes similaires ailleurs", affirme l'Association des opérateurs de safari du Zimbabwe.

En 2009, le dentiste du Minnesota avait attiré l'œil du New York Times (en anglais) à propos de son engouement pour le tir à l'arc. Walter James Palmer y expliquait avoir appris à tirer "à l'âge de 5 ans" et être "capable de toucher une carte à jouer à plus de 90 mètres de distance".

Ours, rhinocéros… il pose avec ses nombreux "trophées"

La chasse à l'arc est souvent présentée comme plus loyale et plus respectueuse de la nature. Mais, en 2008, Walter James Palmer a été condamné pour avoir tué un ours noir en dehors d'une zone autorisée, dans le Wisconsin. Condamné à un an de probation et à verser une amende de 2 160 euros, l'homme avait expliqué à l'époque "qu’il faisait confiance à l’expertise des guides locaux professionnels afin de chasser dans un cadre légal", rapporte Libération.fr.

De fait, Walter James Palmer ne se cache pas de chasser des animaux sauvages et protégés. Sur un compte Flickr, on peut le voir aux côtés de nombreux "trophées" : des carcasses d'ours, de lion, de rhinocéros, de bison, de rhinocéros blanc, d'élans… Une note de blog datant de 2010 montre le dentiste en train de porter un léopard qu’il a abattu avec son arc au Zimbabwe. Il pose également près de carcasses de mouflon d'Amérique et de wapiti… 

Signe du mouvement d'indignation qui a suivi l'annonce de la mort du lion Cecil, l'association de défense des droits des animaux PETA a demandé que le dentiste soit "extradé, jugé, et de préférence pendu"