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Zimbabwe: «L’armée prend le relais», selon la presse locale

Alors que la situation était confuse le 15 novembre 2017, la presse en ligne relayait souvent le discours à la télévision du porte-parole de l’armée du Zimbabwe, le major général Moyo. Les militaires, qui ont pris position à Harare, la capitale, «visent les criminels autour du (président Mugabe) qui commettent des crimes à l’origine de la souffrance économique et sociale». Revue de presse.
Article rédigé par Laurent Ribadeau Dumas
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
L'armée dans les rues de Harare le 15 novembre 2017 (REUTERS/Philimon Bulawayo)
«L'armée prend le relais», titre «The New Zimbabwe». Elle «explique qu'il ne s'agit pas d'un coup d'Etat, que Mugabe et Grace sont en sécurité et que seuls sont visés des "criminels"». (DR)


L'entrée en scène de l'armée intervient en pleine crise ouverte entre Robert Mugabe, 93 ans, et le chef de l'armée après le limogeage la semaine dernière du vice-président Emmerson Mnangagwa, longtemps présenté comme son dauphin. Une crise qui traduirait la montée en puissance, dans la course à la succession de Grace Mugabe, épouse du chef de l’Etat et de 41 ans sa cadette.

«Il ne s'agit pas d'une tentative de renverser le gouvernement», a assuré dans la nuit du 14 au 15 novembre le général Sibusiso Moyo. «Dès que notre mission sera accomplie, nous nous attendons à ce que la situation retourne à la normale». «Nous assurons à la Nation que son Excellence le président (...) et sa famille sont sains et saufs et que leur sécurité est garantie», a-t-il également ajouté.

Des échanges de tirs nourris ont été entendus près de la résidence privée de Robert Mugabe dans la capitale Harare, a rapporté sous couvert d'anonymat à l'AFP un témoin, résident dans le quartier de Borrowdale.
 

La une de «The Standard» (Capture d'écran de «The Standard»)


Si dans l’ensemble, la presse en ligne se montre très prudente, certains sites d’information font état de l’avance de Grace Mugabe dans la course à la succession. «Après avoir abattu Mnangagwa, Grace Mugabe s’ouvre le chemin qui mène au sommet», analyse The Standard. Reste à savoir si cette dernière appartient aux «criminels» visés par l’armée.

La une de «ZimDaily» (DR, capture d'écran de «ZimDaily»)


D’autres, comme ZimDaily, sont très critiques vis-à-vis de la Première dame qui «ne (serait pas) qualifiée» pour succéder à son époux. La même source affirme que Grace n’a pas les diplômes qu’elle prétend posséder (elle aurait un «fake doctorate», un «faux doctorat»). Le fait que ZimDaily soit publié à la fois au Zimbabwe et au Royaume-Uni lui donne sans doute un peu plus de liberté de manœuvre dans un pays qui n’est pas forcément une démocratie exemplaire…

Comme le prouve cette caricature de la First Lady sur le même site...

Caricature parue dans le «ZimDaily» en date du 15 novembre 2017. La Pemière dame, capricieuse, explique à un reporter aux ordres: «Les gens disent que j'ai un faux diplôme. Voici ma thèse de doctorat». En présentant une carte de visite du Zanu-PF, le parti de son époux, Robert Mugabe...
 (Capture d'écran du site «ZimDaily»)


Zimbabwe Independent, lui, revient en Une sur la situation politique dans le pays avec l’annonce d’une «nouvelle vague de purges» au sein du Zanu PF, le parti de Mugabe. Pas franchement le signe d’une situation politique sereine… 
 

La Une de «Zimbabwe Independent» (DR, capture d'écran de «Zimbabwe Independent»)

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