Présidentielle en Côte d'Ivoire : pour Guillaume Soro, dont la candidature a été invalidée, "maintenir l'élection n'a aucun sens"

L'ex-chef rebelle appelle l'opposition ivoirienne à faire front commun "pour stopper dans sa folle aventure" l'actuel président ivoirien Alassane Ouattara, qui brigue un troisième mandat.

L\'ancien Premier ministre ivoirien Guillaume Soro (au centre) lors d\'une conférence de presse le 17 septembre 2020 à Paris. 
L'ancien Premier ministre ivoirien Guillaume Soro (au centre) lors d'une conférence de presse le 17 septembre 2020 à Paris.  (STEPHANE DE SAKUTIN / AFP)

L'ancien Premier ministre ivoirien Guillaume Soro, dont la candidature à la présidentielle a été rejetée par le Conseil constitutionnel, a estimé le 17 septembre lors d'une conférence de presse à Paris que le maintien de la prochaine présidentielle en Côte d'Ivoire "n'a aucun sens".

"Maintenir cette élection (..) du 31 octobre 2020 n'a aucun sens (...). De même, (y) participer serait cautionner le coup d'Etat civil de M. Ouattara (l'actuel président ivoirien, NDLR)", a affirmé Guillaume Soro. "J'en appelle à une unité d'action de l'opposition pour stopper M. Ouattara dans sa folle aventure par tous les moyens légaux et légitimes", a-t-il ajouté.

Guillaume Soro a ainsi invité les opposants ivoiriens, les ex-présidents Laurent Gbagbo et Henri Konan Bédié, entre autres, à "saisir la Cédéao en vue d'obtenir des élections transparentes".

Soro ne renonce pas

"Ma candidature est ferme, irréductible et irrévocable", a par ailleurs indiqué l'ancien président de l'Assemblée nationale ivoirienne, en assurant que "la Côte d'Ivoire est au bord du gouffre" depuis la décision du président sortant Alassane Ouattara de se présenter à un troisième mandat.

La candidature de Guillaume Soro a été jugée irrecevable en raison d'une condamnation par la justice ivoirienne à 20 ans de prison pour "recel de détournement de deniers publics".

Mardi 15 septembre 2020, la Cour africaine des droits de l'Homme et des Peuples, juridiction avec laquelle Abidjan a pris ses distances, a demandé à la Côte d'Ivoire de permettre à l'ex-chef rebelle de se présenter à la présidentielle.

La crainte de violences meurtrières à l'approche du scrutin du 31 octobre est forte en Côte d'Ivoire, dix ans après la crise née de la présidentielle de 2010, qui avait fait 3 000 morts après le refus du président Laurent Gbagbo de reconnaître sa défaite électorale face à Alassane Ouattara.