Présidentielle au Cameroun: Maurice Kamto demande un recomptage des voix

La tension persiste au Cameroun, où le président Paul Biya prêtera serment mardi 6 novembre 2018 pour un 7e mandat, 36 ans après son arrivée au pouvoir. Son principal opposant Maurice Kamto conteste les résultats et il demande à la communauté internationale de recompter les votes. 38 de ses partisans ont été arrêtés dans l’ouest du pays lors d’une manifestation contre le «hold-up électoral».

Conférence de presse de l\'opposant camerounais Maurice Kamto, au lendemain des résultats de la présidentielle, le 8 octobre 2018.
Conférence de presse de l'opposant camerounais Maurice Kamto, au lendemain des résultats de la présidentielle, le 8 octobre 2018. (Zohra Bensemra/Reuters)

La répression frappe les partisans de Maurice Kamto, l’opposant à Paul Biya arrivé en deuxième position avec 14,3% des voix (selon la Commission électorale) à la présidentielle du 7 octobre, mais qui revendique la victoire.

38 de ses partisans ont été arrêtés le 4 novembre à Bafoussam (ouest) lors de manifestations contestant la victoire du président sortant Paul Biya. De simples passants vêtus de t-shirts du mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), le parti de Maurice Kamto, ont également été embarqués.

«Après avoir été réprimés avec une rare violence durant leur marche pacifique, ils (les militants, NDLR) ont fait l'objet d'arrestations encore plus musclées», a expliqué sur sa page Facebook Olivier Nissack, porte-parole de M.Kamto, promettant que «la résistance nationale pacifique» allait se poursuivre.

Parmi eux, un journaliste du quotidien Le Messager, Joseph Olinga, a été arrêté à Bafoussam, selon un communiqué de Jean François Channon, le directeur du journal. Il a «été molesté, humilié, traîné au sol sur plusieurs mètres, avant d'être embarqué dans la camionnette de la gendarmerie nationale», s'est offusqué M.Channon, condamnant une «violence injustifiée».

Manifestation : Une quarantaine des partisans du MRC arrêtée à Bafoussam
Recomptage international?
Plusieurs manifestations des partisans de Maurice Kamto sont prévues mardi 6 novembre, au Cameroun et à l'étranger, jour de l’investiture.

Maurice Kamto, qui se proclame «président élu» a demandé un recomptage des voix. Il propose «la mise en place d'une commission internationale indépendante, acceptée par les parties, qui sera chargée du recomptage des votes (...) bureau de vote par bureau de vote». Paul Biya a été crédité par la Commission électorale de 71,28% des voix.

«Je m'engage solennellement à respecter les conclusions de cette instance même si elles me sont défavorables», a affirmé M.Kamto qui avait proclamé sa victoire dès le lendemain du scrutin, deux semaines avant la proclamation officielle des résultats.

M.Kamto affirme que l'élection a été marquée par des «fraudes massives et barbares» en dépit desquelles «le Conseil constitutionnel a décidé de proclamer Paul Biya vainqueur de cette élection sur la base de documents fabriqués pour la circonstance par les officines du pouvoir et en totale contradiction avec la vérité des urnes.»

«Nous n'accepterons jamais les résultats proclamés par un Conseil constitutionnel partial qui a décidé d'ignorer les faits, la justice et la démocratie», a assuré M.Kamto qui entend néanmoins «faire triompher la vérité» par «des moyens pacifiques».

«Je ne saurais mettre mon propre pays à feu et à sang», a-t-il conclu.