Le Burkina Faso tente le dialogue avec des groupes armés locaux

Des chefs communautaires et des combattants burkinabè ont entamé des pourparlers à l'issue incertaine.

Article rédigé par
France Télévisions Rédaction Afrique
Publié
Temps de lecture : 1 min.
Un groupe de soldats de l'armée burkinabè patrouille dans une zone rurale lors d'une opération conjointe avec l'armée française dans la région du Soum, au nord du Burkina Faso, le 10 novembre 2019. (MICHELE CATTANI / AFP)

Le Burkina Faso qui n’arrive pas à mettre fin à la violence jihadiste veut "repenser la guerre" en privilégiant le dialogue. Cette initiative concerne uniquement les groupes armés locaux n’ayant pas de liens avec les organisations Al-Qaïda et Etat islamique.

Des pourparlers indirects

La junte qui a renversé le 24 janvier le président élu Roch Marc Christian Kaboré, a annoncé début avril la création de "comités locaux de dialogue". Ils sont formés de responsables religieux, de chefs coutumiers et traditionnels chargés de ramener à la raison les jeunes burkinabè qui ont rejoint des groupes armés. Selon les services de renseignement, il existe une dizaine de "groupes endogènes" nés au Burkina et n'ayant, a priori, pas ou plus de liens avec les organisations Al-Qaïda et Etat Islamique qui sévissent au Mali, au Niger et au Burkina depuis plusieurs années.

"La plupart des combattants, ce sont des Burkinabè, ce ne sont pas des étrangers venus d'ailleurs, pas des extraterrestres. Ce sont des enfants des villages que les populations connaissent, très souvent."

Yéro Boly, ministre burkinabè de la Réconciliation nationale.

à l'AFP

"Repenser la guerre"

L'Unité spéciale d’intervention de la gendarmerie nationale (USIGN), qui mène la lutte contre le terrorisme, veut "repenser la guerre" et la faire autrement. En parallèle aux opérations militaires lancées contre les grandes organisations jihadistes, elle souhaite garder des liens indirects avec les combattants burkinabè et les inciter à déposer les armes.

Ces derniers auraient eux-mêmes manifesté en premier leur désir "de parler", selon le ministre de la Réconciliation nationale. A ce stade, les conditions exactes des discussions restent floues. Officiellement, l’Etat ne prévoit pas d’aides financières aux combattants démobilisés. Ceux qui déposent les armes seront accompagnés pour travailler dans le secteur de l’agriculture et de l’élevage.

Ce dialogue indirect n’est pas inédit. Des représentants locaux ont mené par le passé des pourparlers avec des groupes armés locaux sans grand résultat. En annonçant une nouvelle initiative, la junte au pouvoir voudrait montrer que la question sécuritaire reste "sa priorité". Les attaques jihadistes présumées ont augmenté ces dernières semaines faisant une centaine de morts civils et militaires.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

tout l'univers Politique africaine

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.