L'Ethiopie se dote d'une Garde républicaine

L'Ethiopie s'est dotée d'une Garde républicaine, chargée principalement de la protection du Premier ministre, a rapporté la radio Fana, proche du pouvoir, le 23 décembre 2018. Une mesure qui intervient six mois après l'explosion d'une grenade dans la foule venue écouter le chef du gouvernement.

Militaires éthiopiens défilant à l\'occasion du Jour du drapeau national éthiopien le 16 octobre 2017.
Militaires éthiopiens défilant à l'occasion du Jour du drapeau national éthiopien le 16 octobre 2017. (MINASSE WONDIMU HAILU / ANADOLU AGENCY)

Cette Garde républicaine nouvellement formée s'est entraînée ces six derniers mois à "protéger les hauts responsables du gouvernement et leurs familles contre toute forme d'agression de la part de forces mal intentionnées", a indiqué Fana sur son site internet. La protection de ces hauts responsables était jusqu'à présent assurée par d'anciens soldats d'élite et des membres des services secrets, qui ne formaient toutefois pas une force spécifiquement dédiée à cette tâche.

L'établissement de cette Garde républicaine fait suite à l'explosion d'une grenade, le 23 juin 2018, au milieu d'une foule immense venue écouter le Premier ministre Abiy Ahmed dans le centre d'Addis Abeba. Une personne avait été tuée et 150 autres blessées. Certains observateurs estiment que le chef du gouvernement, qui en était sorti indemne, était la principale cible de cette attaque.

L'Ethiopie possédait bien une Garde impériale lors du règne de l'empereur Haïlé Sélassié. Mais cette dernière avait été démantelée lors de la chute de l'empereur en 1974 et aucune force similaire n'avait depuis été formée.

Depuis sa nomination en avril, Abiy Ahmed a multiplié les réformes majeures. Il a ainsi libéré des milliers de dissidents et de journalistes, fait la paix avec le pays voisin mais néanmoins ennemi, l'Érythrée, et annoncé la privatisation de grandes compagnies publiques.

Mais la multiplication des affrontements à caractère ethnique dans la capitale et dans des régions plus reculées a terni son action. Cette situation fait craindre que le deuxième pays le plus peuplé d'Afrique ne sombre dans la violence.