Guinée : la tension monte encore, le pouvoir d'Alpha Condé réquisitionne l'armée

Malgré les appels au calme du président Alpha Condé, cinq personnes sont décédées vendredi dans des heurts consécutifs à la crise post-électorale.

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Un policier dans les rues de Conakry (Guinée), le 23 octobre 2020. (JOHN WESSELS / AFP)

La tension est encore montée d'un cran vendredi 23 octobre en Guinée. Au moins cinq personnes de plus sont mortes malgré le tour de vis donné par le pouvoir dans l'attente des résultats officiels et finaux de la présidentielle, qui devraient créditer le sortant Alpha Condé de la majorité absolue dès le premier tour. Parmi les cinq victimes des violences, ont comptabilise trois gendarmes, un soldat et un civil, dans des circonstances encore confuses à la suite de l'attaque d'un train transportant du fioul dans le quartier de Sonfonia, a dit un responsable gouvernemental.

Le challenger d'Alpha Condé, Cellou Dalein Diallo, a dit à l'AFP qu'il était "hors de question" de reconnaître les résultats annoncés par l'organe chargé des élections. Les autorités ont réquisitionné l'armée tandis que de nouveaux affrontements entre jeunes supporteurs de M. Diallo et forces de sécurité étaient rapportés à Conakry et en province.

Une dizaine de morts depuis le résultat de dimanche

Un journaliste de l'AFP a vu une trentaine de pick-ups chargés de soldats remonter l'axe menant du centre de la capitale aux quartiers périphériques qui sont les foyers de la violence et de la contestation depuis des mois.

Avant vendredi, les autorités faisaient état d'une dizaine de morts depuis dimanche, le camp de Cellou Dalein Diallo parlant de 27 morts. La Guinée est plongée depuis un an dans une profonde crise. Des mois de mobilisation contre l'éventualité d'un troisième mandat d'Alpha Condé, à plusieurs reprises durement réprimée, ont fait des dizaines de morts civils. Comme redouté de toutes parts, après une campagne émaillée d'incidents, les esprits se sont échauffés avec la présidentielle.

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