L'ancien otage Thierry Dol va porter plainte contre Areva et l'Etat français

Dans une interview accordée au "Parisien", l'ex-ingénieur d'Areva explique qu'il aurait dû être rapatrié par son employeur. Il estime qu'il y a eut "mise en danger de la vie d'autrui".

L\'ex-otage Thierry Dol, au moment de son retour en Martinique, le 9 novembre 2013.
L'ex-otage Thierry Dol, au moment de son retour en Martinique, le 9 novembre 2013. (NICOLAS DERNE / AFP)

"Je veux que toute la lumière soit faite." Deux ans après sa libération, l'ex-otage Thierry Dol annonce qu'il va porter plainte contre pour "mise en danger de la vie d'autrui" et "non-assistance à personne en danger" contre Areva et l'Etat français, dans une interview au Parisien, publiée lundi 28 décembre.

"La menace était telle que j'étais persuadé qu'Areva allait nous évacuer", raconte celui qui a été retenu pendant trois ans au Niger par les jihadistes Al-Qaïda au Maghreb islamique entre le 16 septembre 2010 et le 30 octobre 2013. L'ingénieur explique qu'il avait obtenu sa mutation, mais qu'il était encore sur les lieux pour former son successeur au moment où il a été enlevé sur le site minier d'Areva.

"On m'a proposé 26 euros par jour de détention"

Lors de cet entretien, il raconte aussi les conditions de sa détention. "Nous avions droit à deux litres d'une eau maculée de gazole par jour sous 60 °C, raconte Thierry Dol. Nous cherchions le moindre centimètre d'ombre en fonction des mouvements du soleil pour ne pas mourir déshydratés."

L'ancien otage explique aussi se battre pour son indemnisation : "Le fonds de garantie m'a proposé 26 euros par jour de détention. Les otages de Jolo, enlevés pendant trois mois en 2000, ont obtenu une décision de justice leur octroyant une somme nettement supérieure. (...) C'est indécent, après ce que nous avons vécu, de devoir entrer dans des discussions de marchands de tapis."