Après la mort de sept de ses membres au Niger, l'ONG Acted demande que les meurtres d'humanitaires soient reconnus crimes contre l'humanité

"Nous voulons que la France porte cette résolution à l'ONU en septembre", a indiqué mercredi Frédéric Roussel, le cofondateur de l'ONG.

Des personnes tiennent des pancartes \"#wearetogether\" (\"nous sommes ensemble\"), le 19 août 2020 au Trocadéro, à Paris.
Des personnes tiennent des pancartes "#wearetogether" ("nous sommes ensemble"), le 19 août 2020 au Trocadéro, à Paris. (BERTRAND GUAY / AFP)

L'ONG Acted, dont sept employés, dont six Français, ont été tués le 9 août au Niger, a appelé mercredi 19 août la France et la communauté internationale à reconnaître les meurtres d'humanitaires comme des crimes contre l'humanité.

Une centaine de collègues et de proches des victimes de l'attaque se sont rassemblés au Trocadéro, à Paris, mercredi, pour rendre hommage aux victimes, à l'occasion de la Journée mondiale de l'aide humanitaire. "Nous espérons un geste fort de la France pour aider à renforcer la protection des humanitaires et mettre un terme à l'impunité", a déclaré lors d'une conférence de presse le cofondateur de l'ONG, Frédéric Roussel.

"Nous avons demandé à la France, au Niger, à l'Union européenne, aux Nations unies d'inclure les crimes contre les humanitaires sur la liste des crimes reconnus comme crimes contre l'humanité", a-t-il poursuivi. "Nous voulons que la France porte cette résolution à l'ONU en septembre", a précisé Frédéric Roussel à l'AFP.

Dans la foulée, Emmanuel Macron a indiqué sur Twitter que la France prendrait "l'initiative à l'ONU dès septembre" de "renforcer la protection des travailleurs humanitaires, le respect du droit international et la lutte contre l’impunité", sans donner plus de précision.

Record de violences contre les humanitaires en 2019

Quatre femmes et deux hommes français, âgés de 25 à 31 ans, ont été exécutés avec leur chauffeur, lui aussi salarié d'Acted, et leur guide nigériens par des hommes armés à moto, alors qu'ils visitaient la réserve de girafes de Kouré, à 60 km au sud-est de la capitale Niamey, où ils étaient basés.

En 2019, les attaques contre les humanitaires ont dépassé toutes les années précédentes, avec au total 483 travailleurs humanitaires attaqués, 125 tués, 234 blessés et 124 kidnappés lors de 277 incidents distincts (contre 228 en 2018), a indiqué l'ONU, mercredi, citant la base de données du centre de recherches Humanitarian Outcomes (PDF en anglais). Cela représente une augmentation de 18% du nombre de victimes (tuées, blessées ou enlevées) par rapport à 2018.