Attaque au Niger : qui sont les huit victimes assassinées lors d'une excursion ?

Six Français et deux Nigériens ont été tués dimanche dans une embuscade alors qu'ils visitaient la réserve de Kouré, dans le sud-ouest du pays.

Article rédigé par
France Télévisions
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 5 min.
Une femme marchant devant les portes du siège de l'ONG Acted à Niamey, au Niger, le 10 août 2020.  (BOUREIMA HAMA / AFP)

Des jeunes gens "absolument remarquables". Emmanuel Macron a rendu hommage, mardi 11 août, aux humanitaires tués dimanche dernier dans le sud-ouest du Niger. Accompagnés d'un guide et d'un chauffeur nigérien, les six jeunes Français qui travaillaient pour l'ONG Acted étaient partis en excursion observer les girafes dans la région de Kouré, à 60 km au sud-est de Niamey, la capitale du pays. Prises dans une embuscade, les huit personnes du groupe ont été tuées. Voici ce que l'on sait de chacune d'entre elles.

Antonin G. 

Antonin G., 26 ans, était originaire de Carhaix (Finistère), selon le maire de la ville, cité par Le Télégramme. Il affichait un CV montrant des études brillantes, d'après son profil publié sur le réseau social Linkedin. Assistant de recherche dans un centre rattaché à l'Ecole nationale de la statistique et de l'administration économique (Ensae), il était diplômé de l'Ecole normale supérieure de Paris-Saclay. Sur Linkedin, il indiquait aussi son intérêt professionnel pour les ONG et associations à but non lucratif.

Boubacar G. 

Boubacar, Nigérien âgé de 50 ans, était le chauffeur de l'ONG Acted. Il attendait avec sa femme un cinquième enfant, selon Le Parisien

Charline Fouchet 

Après deux ans à l'ambassade de France au Niger, Charline Fouchet, 30 ans, venait d'être embauchée par Acted. Elle était originaire de Barentin (Seine-Maritime), et docteure en sciences de gestion à l'université d'Aix-Marseille, qui lui rend hommage sur Twitter.

Elle s'était engagée en 2017 aux côtés de Benoît Hamon. "Ses convictions l'avaient amenée à poursuivre son engagement dans l'action humanitaire au Niger. Elle a été assassinée par des terroristes sans foi ni loi. Mes pensées sincères vont aux siens", a ainsi écrit l'ancien candidat socialiste à la présidentielle sur Twitter. 

Avant d'être embauchée par Acted au Niger, en mai dernier, la jeune femme avait été en poste pendant deux ans à l'ambassade de France au Nigéria. "Elle faisait des choses que peu de gens sont capables de faire. (...) Elle ne faisait rien à moitié  Elle allait jusqu'au bout. Elle contribuait à aider les pays à risque", décrit sa sœur Sarah, qui se dit "très fière" de Charline, dans une interview à franceinfo

L'hommage de la soeur de Charline Fouchet, humanitaire française tuée dimanche au Niger, sur franceinfo
--'--
--'--

Kadri Abdou

Ancien agriculteur, Kadri Abdou était guide depuis plus de vingt ans dans la région de Kouré, où il est né. A 51 ans, il était marié à deux femmes et père de 13 enfants. Il présidait l'Association pour la valorisation de l'écotourisme (Aven) et l'Association des guides de girafes de Kouré. "Guide engagé et militant sur la zone girafes de Kouré depuis le début, écrit cette dernière sur sa page Facebook, il a toujours eu conscience de l'importance à œuvrer pour la sauvegarde des dernières girafes d'Afrique de l'Ouest."

Léo R. 

Léo, 25 ans, d'origine bretonne, était étudiant à la Rennes School of Business. Il venait tout juste d'être diplômé et disposait, selon Le Parisien, d'un contrat de "volontaire" chez Acted, à mi-chemin entre le bénévolat et le salariat. Selon le quotidien francilien, il était "chargé logistique" pour l'ONG à Niamey, après avoir été stagiaire à Paris pendant quatre mois. L'école de commerce rennaise lui a rendu hommage ce mardi.

Myriam D. 

Originaire de Toulouse, elle était diplômée de l'université Paris-Dauphine en affaires internationales et en "Peace studies". Elle travaillait depuis deux ans pour l'ONG Acted. Après Paris, la Tunisie, le Tchad, elle était au Niger depuis quelques mois. "Elle était souriante. Cette mission au Niger, c'était son rêve, elle était fière", explique au Parisien l'une de ses amies. 

Nadifa L.

Nadifa avait 30 ans. Diplômée de plusieurs masters en droit et en gestion, elle préparait une thèse sur la responsabilité des entreprises exportatrices d'armes à l'université d'Aix-Marseille. Sa carrière avait débuté chez Axa puis Veolia en tant qu'analyste financière et contrôleuse de gestion. En 2015, elle avait changé de cap et a rejoint le ministère des Armées. Elle a notamment été déployée six mois en République centrafricaine, auprès d'une mission européenne militaire. 

En décembre, elle avait suivi une formation à l'institut Bioforce de Vénissieux (Rhône), un établissement dédié à la formation des humanitaires en zones dangereuses. Selon Le Parisien, elle s'était engagée dans l'Armée du salut pendant la crise du coronavirus, avant de partir au Niger en Juin. "Ça lui ressemble bien d'aller voir des girafes, raconte au quotidien l'un de ses proches. Elle adorait les animaux et la nature." 

Stella G. 

Stella a travaillé un an à Oxfam en République centrafricaine avant de rejoindre Acted. Selon Ouest-France, elle avait 28 ans. Elle a étudié le marketing à Montpellier, sa ville d'origine, puis en région parisienne et à Lille. C'est en 2015 qu'elle a commencé à se consacrer à l'humanitaire. Elle était une ancienne bénévole de la Croix Rouge, indique La Voix du Nord. A l'instar de Nadifa, elle est notamment passée par l'institut Bioforce de Vénissieux. Elle faisait partie depuis avril 2020 du programme d'analyse de données humanitaires Reach, lancé par Acted et l'organisation Impact.

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.