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Deux journalistes français renvoyés devant la justice pour "chantage" sur le roi du Maroc

Eric Laurent et Catherine Graciet seront jugés à Paris.

Article rédigé par franceinfo avec AFP
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Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
Le roi du Maroc, Mohammed VI, lors d'un discours marquant le 20e anniversaire de son accession au trône, le 29 juillet 2019, à Tétouan. (AFP)

Cette rocambolesque affaire avait éclaté à l'été 2015. Les journalistes français Eric Laurent et Catherine Graciet avaient été interpellés car ils étaient soupçonnés d'avoir scellé une transaction de deux millions d'euros pour ne pas publier des révélations embarrassantes sur la monarchie du Maroc. Ils seront jugés à Paris en correctionnelle pour "chantage" sur le roi Mohammed VI.

Près de six ans après le début de l'affaire, des juges d'instruction parisiens ont en revanche abandonné les poursuites pour "extorsion de fonds par menace", selon leur ordonnance de 11 pages datée du 2 février.

Un livre au cœur de l'affaire

Eric Laurent et Catherine Graciet, auteurs en 2012 d'un précédent ouvrage sur le monarque chérifien, Le Roi prédateur, avaient signé quelques mois avant leur arrestation un second contrat d'édition avec Le Seuil, ayant de nouveau pour sujet la famille royale du Maroc.

Le 23 juillet, Eric Laurent contactait le secrétariat particulier du roi du Maroc en vue d'obtenir un rendez-vous, finalement organisé le 11 août avec un émissaire de la monarchie, l'avocat marocain Hicham Naciri. Lors de cette rencontre, Eric Laurent, ancien reporter de Radio France et du Figaro Magazine, annonçait la publication prochaine d'un second ouvrage sur Mohammed VI, contenant des informations potentiellement embarrassantes pour la monarchie.

Mais les versions divergent ensuite : selon le journaliste, c'est l'émissaire qui lui a proposé un accord financier en vue de la non-publication de l'ouvrage. Le royaume, défendu au cours de la procédure par Eric Dupond-Moretti, aujourd'hui ministre de la Justice, assure que la proposition émanait du journaliste, qui réclamait trois millions d'euros.

Les rencontres enregistrées en cachette

Le 20 août, le Maroc déposait plainte à Paris et une enquête était ouverte. Deux autres rencontres auraient suivi, le 21 et le 27 août, au cours desquelles la somme négociée aurait été ramenée à deux millions d'euros. Absente lors des précédentes entrevues, Catherine Graciet se serait présentée le 27 août avec Eric Laurent au rendez-vous. Elle aurait alors confirmé à Hicham Naciri soutenir la démarche de son confrère.

Les deux journalistes se seraient vus ensuite remettre deux enveloppes renfermant chacune 40 000 euros en coupures, le tout sous la surveillance discrète de la police, qui les avait interpellés alors qu'ils quittaient les lieux. L'émissaire du roi avait enregistré en cachette chacune des rencontres, avant d'en remettre une copie aux enquêteurs.

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