Maroc : deux responsables islamistes arrêtés en (mauvaise) «posture sexuelle»

La police marocaine a interpellé deux responsables de l'aile religieuse du PJD (Parti justice et développement, à la tête du gouvernement de coalition depuis fin 2011) «dans une posture sexuelle» à bord d’une grosse cylindrée qui stationnait sur une plage près de Rabat. Une affaire qui intervient à six semaines des législatives qui s’annoncent très disputées.

Omar Benhammad, 63 ans, et Fatima Nejjar, 62 ans, retrouvés en «posture sexuelle» dans une voiture.
Omar Benhammad, 63 ans, et Fatima Nejjar, 62 ans, retrouvés en «posture sexuelle» dans une voiture. (STRINGER / AFP)

L’histoire ne dit pas la position exacte précisément dans laquelle la police a retrouvé samedi 20 août 2016 Omar Benhammad, 63 ans, et Fatima Nejjar, 62 ans, au petit matin à bord d’une voiture. L’affaire soulève un grand tollé au Maroc. Les deux amants islamistes sont vice-présidents du Mouvement unicité et réforme (MUR), l'aile religieuse du Parti justice et développement. Dans un premier temps suspendus de leur organisation, la «sœur» Fatima a démissionné et Benhammad a été limogé.
 
«Séduire du regard est un acte adultère»
La polémique ne désenfle pas d’autant que les deux «accusés»  les relations extraconjugales sont un délit au Maroc –, ont basé leur carrière politique sur le puritanisme. Fatima Nejjar, connue pour ses diatribes «contre la tentation et le vice», a vu ses prêches se retourner contre elle sur les réseaux sociaux. Pour le site 360.ma, proche de l'entourage du palais, les islamistes «s'érigent en gardiens de la morale et des bonnes mœurs alors qu'ils ne sont nullement irréprochables». Et le pure-player de donner des détails précis, allant jusqu’à révéler les mouchoirs en papier dans la voiture.


A moins d’un mois et demi des législatives du 7 octobre qui s'annoncent particulièrement discutées, l'affaire est une aubaine pour les rivaux politiques du PJD, et plus particulièrement pour les libéraux du Parti authenticité et modernité (PAM).

 
«Faites ce que je vous dis, pas ce que je fais»
«Les prédicateurs et les dirigeants islamistes ont dressé un modèle qui ne correspond pas au monde des hommes. Un idéal proche du céleste, où vivent des êtres éthérés, infaillibles, sans pulsions, ni désir. Un jeune musulman est censé réfréner toute envie, faire barrage à son corps et affronter le monde comme si ce dernier était une épreuve, un terrain de tentation et de péchés. Le résultat: une société minée par la frustration, l'hypocrisie et la schizophrénie. Les dirigeants et les militants islamistes sont les premières victimes de ce modèle qu'ils ont créé et qui risque de les emporter. En voulant faire l'ange, ils ont fini par faire la bête», analyse le chercheur marocain Abdellah Tourabi dans le Huffington Post.
 
Machination policière contre arrestation fortuite 
Très embarrassé, le parti islamiste au pouvoir PJD fait profil bas et dénonce une «machination policière». Dans un communiqué, les services de sécurité (DGSN) rétorquent que l'arrestation de Benhammed et Nejjar «dans une situation compromettante» s'est faite de «manière fortuite», par des policiers qui travaillaient dans le secteur sur une affaire de trafic de drogue.
 
Les réseaux sociaux marocains se sont enflammés. 

Capture d\'écran Facebook
Capture d'écran Facebook (DR)