Maroc : des hôpitaux débordés face à la reprise du coronavirus

Dans l'urgence, l'Etat installe des structures légères pour tenter de faire face à l'affluence des patients.

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France Télévisions Rédaction Afrique
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Distribution de masques sanitaires par la police le 17 août 2020 dans les rues de Marrakech, la capitale touristique du Maroc. (STR / AFP)

L'hôpital public de Marrakech, Ibn Zohr, est au bord du gouffre, débordé par l'affluence des malades du Covid-19.

France 24 a récemment diffusé des images sur la situation à l'intérieur de l'établissement, également connu des marrakchis sous le nom de "La Mamounia". On y voit des malades dormant à même le sol, faute de lits.

Les médecins de l'établissement sont au bord de la rupture et témoignent de la gravité de la situation. " 'La Mamounia' reçoit près de 100 personnes atteintes du Covid-19 par jour, où est ce qu'on va mettre tous ces gens ?", explique l'un d'euxPour alerter les pouvoirs publics, le personnel soignant a organisé une manifestation devant l'entrée du service des urgences de l'hôpital.

"100 malades par jour"

"La Mamounia" est le seul établissement à effectuer une consultation Covid-19 sur la ville. Mais face au rebond exceptionnel de la maladie à Marrakech comme dans d'autres villes du Maroc, il ne peut plus répondre à l'afflux de patients. "La population est orientée vers Ibn Zohr, qui fait face à une grande pression sur son laboratoire, ses scanners, son service de réanimation et ses urgences", explique un interne de l'établissement au site Yabiladi.

La situation serait tout aussi tendue au CHU Mohammed VI, chargé lui de l'hospitalisation des malades. C'est lui qui donne son feu vert pour accueillir les malades détectés à Ibn Zohr. L'engorgement de l'un provoque la situation du second.

Face à l'urgence, les autorités ont finalement installé un hôpital de campagne sur le parking du CHU Ibn Tofail, à l'est de la ville. D'une capacité de 100 lits équipés d'oxygène, il devrait soulager "La Mamounia", en accueillant lui aussi les malades du Covid-19 en "pré-réanimation".

Le Maroc avait entamé un déconfinement limité en juin, après trois mois d'un sévère contrôle. Mais la reprise de l'épidémie a surpris tout le monde.
Dans l'urgence, un peu partout dans le royaume explique Le 360, les autorités ont mis en place des structures sanitaires légères, soit pour le diagnostique, soit pour le traitement.

A Casablanca, première ville du pays et capitale économique, onze structures sanitaires ont été équipées. A Médiouna, ville en périphérie de Casablanca, les travaux d'un hôpital de campagne ont commencé. D'une capacité de 40 lits il doit soulager l'établissement de la ville.

Structures sanitaires légères

Autre axe d'attaque de la maladie, l'aspect réglementaire. Le 20 août dernier, le gouvernement a renforcé les mesures pour ralentir la propagation du virus à Casablanca et Marrakech notamment. A Casablanca les plages sont ainsi interdites, les cafés, restaurants et centres commerciaux doivent fermer dès 16 heures. Quant aux hammams et salons de beauté, ils sont totalement fermés.

A Marrakech, 12 quartiers de la ville sont en accès restreints. Les transports publics limitent leur capacité de moitié. Privée de touristes, l'économie du Maroc est en berne et le royaume s'attend à la pire crise économique de son histoire.

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