Gabon: promue ministre de la Défense, Oussouka Raponda poursuit son ascension politique

L'ancienne maire de Libreville, Rose Christiane Ossouka Raponda, 54 ans, a été officiellement investie ministre de la Défense nationale et de la Sécurité du territoire. Elle devient ainsi un poids-lourd du gouvernement gabonais.

Rose Christiane Ossouka Raponda, maire sortante de Libreville et candidate du Parti démocratique gabonais (PDG), vote dans la capitale gabonaise le 6 octobre 2018, lors du premier tour des élections législatives et municipales du pays. 
Rose Christiane Ossouka Raponda, maire sortante de Libreville et candidate du Parti démocratique gabonais (PDG), vote dans la capitale gabonaise le 6 octobre 2018, lors du premier tour des élections législatives et municipales du pays.  (JOEL TATOU / AFP)

"Je jure de respecter la Constitution et l’Etat de droit, de remplir consciencieusement les devoirs de ma charge dans le strict respect de mes obligations de loyauté à l’égard du chef de l’État, de garder religieusement, même après la cessation de mes fonctions, la confidentialité des dossiers et des informations classés secret d’Etat et dont j’aurai eu connaissance dans l’exercice de celles-ci."

Fait inédit, la nouvelle ministre d'Etat à la Défense nationale du Gabon, Rose Christiane Ossouka Raponda, a prononcé ce serment le 12 février 2019 devant le président de la République, à l’ambassade du Gabon à Rabat. Car c’est dans la capitale marocaine que le président Ali Bongo Ondimba poursuit sa convalescence, victime d’un accident cardio-vasculaire (AVC) le 24 octobre 2018 à Ryad.

Celle qu'on dit proche de Patience Dabany, la mère du président, avait été nommée le 30 janvier 2019, à la surprise générale, par le Premier ministre Julien Nkoghe Békalé, 17 jours seulement après la formation d'un nouveau gouvernement.

Tenir les casernes militaires du pays

Elle a été choisie pour remplacer un poids-lourd de l’ancien gouvernement gabonais: Étienne Massard Kabinga Makaga, dont la réputation d’homme à poigne lui a été reprochée dans sa gestion du coup d’Etat avorté du lieutenant Kelly Ondo Obiang, le 7 janvier 2019

A la tête de ce ministère hautement stratégique, elle se voit notamment confier la délicate mission de tenir les casernes militaires du pays, jusqu’au retour du président Bongo. D'ici là, le dialogue et la confiance entre la tutelle et la haute hiérarchie militaire devront être réinstaurés par Mme Ossouka Reponda, appréciée pour son profil plutôt discret.

Ancienne ministre du Budget et maire de Libreville

Membre du Parti démocratique gabonais (PDG) au pouvoir, elle est devenue la première femme élue maire de Libreville, le 7 février 2014. Son mandat a été marqué par l'arrivée de la société marocaine Averda chargée d'assurer la collecte des ordures ménagères dans la plus grande municipalité du Gabon où vit 70% de la population. Montant du contrat signé: près 16 milliards de FCFA (24,36 millions d'euros) étalés sur cinq ans. Une dette qui, selon le site Confidentiel Afrique, n’avait toujours pas été soldée en mai 2018 par l'Etat gabonais. 

En 2012, elle avait occupé le fauteuil de ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique. Diplômée de l’Institut gabonais de l’Economie et des finances, cette spécialiste en finances publiques avait été auparavant été directrice générale adjointe de la Banque de l’habitat du Gabon. 

En 2018, lors des élections législatives et locales, le PDG, parti majoritaire, avait investi autant de femmes que d'hommes, selon le site La Libreville. La Cour constitutionnelle, la plus haute juridiction du pays, et le Sénat sont dirigés par des Gabonaises.