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Quatre questions après la mort d'un soldat français au Mali

Un sous-officier a été tué, mercredi matin dans le nord du pays, lors d'une opération des forces françaises contre des combattants islamistes.

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Portrait du sergent-chef Thomas Dupuy, mort le 29 octobre 2014 au Mali, publié par l'Armée de l'air. (ARMEE DE L'AIR)

Il est le dixième militaire français tué au Mali depuis janvier 2013, le premier depuis la fin de l'opération Serval en juillet. Un sous-officier, membre des forces spéciales, est mort, mercredi 29 octobre au matin, dans le nord du pays. Deux autres soldats ont été blessés lors d'une opération destinée à freiner la résurgence des jihadistes. Francetv info revient sur la mort de ce militaire en quatre questions. 

Qui était ce soldat ? 

Le soldat tué était sergent-chef au sein de l'armée de l'air. Il appartenait au commando parachutiste de l'air (CPA) n°10, basé à Orléans (Loiret). Né à Toulouse (Haute-Garonne), Thomas Dupuy était âgé de 32 ans. "Engagé dans les armées à l'âge de 23 ans, il avait notamment servi en Afghanistan en 2011, avant de rejoindre le théâtre sahélien en août dernier", selon le communiqué du ministère de la Défense.

L'armée salue "son comportement exemplaire", "ses qualités remarquables de combattant". Elle rend hommage, à ce "spécialiste reconnu dans des domaines aussi variés que l’appui aérien, les transmissions opérationnelles et le saut à ouverture très grande hauteur".

Comment est-il mort ?

Le sergent-chef Thomas Dupuy participait à une mission héliportée, appuyée par des avions de chasse et des hélicoptères de combat, dans le massif du Tigharghar, situé au nord du Mali, lorsqu'il a été tué, a indiqué le ministère de la Défense.

Les forces françaises se sont rapprochées d'un "campement abritant une trentaine d'individus", lourdement armés. Des combats très violents ont alors eu lieu au cours desquels "une vingtaine de terroristes ont été neutralisés", a précisé l'état-major des armées.

Un des deux militaires blessés a été pris en charge par une antenne chirurgicale avancée. Ses jours ne sont pas en danger. Le second, très légèrement atteint, a rejoint rapidement son unité. 

L'Adrar Tigharghar dans le nord-est du Mali. ( GOOGLE MAPS)

Où en est l'opération française au Mali ?

Trois mois après la fin de l'opération Serval, la France garde 1 400 hommes au Mali. Paris a réarticulé le 1er août son dispositif militaire dans la région, rebaptisé Barkhane, autour de cinq pays : la Mauritanie, le Mali, le Niger, le Burkina Faso et le Tchad.

Cette force, dotée de 3 000 hommes, à vocation antiterroriste a été activée au nord-Mali ces derniers jours après une série d'attaques meurtrières contre la mission de l'ONU dans ce pays (Minusma).

Le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, a annoncé, vendredi à Bamako, un renforcement du dispositif français dans le nord du Mali face à la "résurgence" de groupes jihadistes.

Pourquoi les jihadistes regagnent du terrain ?

Les combattants islamistes, chassés des grandes villes du nord, essaient désormais de regagner du terrain depuis les profondeurs septentrionales du Mali et les pays voisins, où ils ont trouvé refuge. "Les groupes jihadistes s'adaptent continuellement et gagnent en solubilité sur le terrain, notamment en s'infiltrant dans des groupes [touareg] dits 'rebelles'", relève Mathieu Pellerin, chercheur spécialisé sur le Sahel à l'Institut français des relations internationales à Paris.

Ils sont aussi ragaillardis par la lenteur du déploiement des 8 200 hommes des forces de la Minusma au nord de la boucle du Niger, reliant Gao à Tombouctou. "Le nord du Mali est fragilisé parce que la Minusma n'a pas été au rendez-vous au moment où il le fallait", a déploré, lundi, Jean-Yves Le Drian, qui a mis en avant des problèmes logistiques.

Les jihadistes sont également servis par le sanctuaire hors pair que leur offre le sud libyen, qui échappe à tout contrôle et où convergent les trafics d'armes issues des arsenaux de Mouammar Kadhafi. La France a décidé de riposter en installant une base avancée tout près de la frontière libyenne, à Madama, dans l'extrême nord du Niger, et en perturbant les trafics qui empruntent les "autoroutes" du désert vers le sud. 

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