Libye : le Parlement adopte la loi électorale régissant les législatives

L'approbation de cette loi intervient un peu plus de trois semaines après la ratification sans vote d'un texte régissant l'élection du futur président et favorisant l'homme fort de l'Est, Khalifa Haftar, au grand dam des autorités de Tripoli.

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Le Premier ministre libyen Abdelhamid Dbeibah s'adresse aux élus lors de la première session du Parlement, dans la ville côtière de Syrte (Libye), le 9 mars 2021. (MAHMUD TURKIA / AFP)

Un nouveau pas en Libye dans le processus électoral. Le Parlement du pays a adopté la loi régissant les élections législatives, a annoncé lundi 4 octobre son porte-parole. Le 9 septembre, la ratification sans vote d'une loi encadrant la future élection présidentielle avait été accueillie par un déluge de critiques. Prévu le 24 décembre, ce double scrutin présidentiel et législatif reste hypothétique, en raison des profondes divisions qui continuent de faire rage entre les caciques libyens. 

Plongée dans le chaos après la chute en 2011 du régime de Mouammar Kadhafi, la Libye tente de s'extraire d'une décennie de conflit marquée par l'existence de pouvoirs rivaux et par des violences sanglantes. Après la fin des combats à l'été 2020 entre les deux camps rivaux, un gouvernement unifié et transitoire avait été formé en mars pour mener la transition. La formation de ce cabinet au terme d'un processus politique parrainé par l'ONU a offert une lueur d'espoir.

Cet exécutif, dirigé par l'homme d'affaires Abdelhamid Dbeibah, avait été chargé par 75 personnalités libyennes de tous bords, réunies sous l'égide de l'ONU, d'unifier les institutions et d'achever l'interminable transition politique, en organisant des élections législatives et présidentielles le 24 décembre.

Une loi taillée pour le maréchal Haftar ?

La publication le 9 septembre d'un texte signé par le chef du Parlement, Aguila Saleh, comme loi régissant l'élection du futur président, a été fustigée par des députés et d'autres instances écartées du processus de législation. Ils reprochent à Aguila Saleh d'avoir voulu favoriser son allié, le maréchal Khalifa Haftar, de facto chef d'une armée qui contrôle l'est et une partie du sud du pays, et de plus en plus pressenti comme candidat à la présidentielle.

L'article qui concentre les critiques prévoit qu'un militaire peut se présenter à la présidentielle, à condition "de se suspendre de ses fonctions trois mois avant le scrutin", et que, "s'il n'est pas élu, il puisse retrouver son poste et recevoir ses arriérés de salaire".

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