Interrogé sur ses activités en Guinée, Kouchner congédie un journaliste

France Info a interrogé l'ancien ministre des Affaires étrangères sur les projets qu'il conduit auprès du président Alpha Condé. L'intéressé n'a pas apprécié.

Bernard Kouchner avec le président guinéen Alpha Condé lors de sa cérémonie d\'investiture, le 21 décembre 2010 à Conakry (Guinée).
Bernard Kouchner avec le président guinéen Alpha Condé lors de sa cérémonie d'investiture, le 21 décembre 2010 à Conakry (Guinée). (CELLOU DIALLO / AFP)

L'entretien a commencé cordialement mais s'est terminé par une mise à la porte. France Info a interrogé Bernard Kouchner sur ses activités de conseil auprès de son ami le président guinéen Alpha Condé. Alors que le journaliste de la radio, reçu dans l'appartement parisien de l'ancien ministre des Affaires étrangères, soulève plusieurs interrogations, ce dernier apprécie peu puis s'énerve.

Depuis sa sortie du gouvernement, Bernard Kouchner se rend tous les mois en Guinée, explique France Info. Il y chapeaute notamment la construction d'une maternité à Conakry, la capitale, financée par des mécènes dont Sanofi, EDF et Total. Ce dernier avait commandé dans le passé un rapport controversé au "French Doctor" sur le travail des enfants en Birmanie. L'ancien ministre dispense aussi ses conseils politiques à Alpha Condé, comme à d'autres chefs d'Etat africains.

"Allez barrez-vous !"

Certains s'interrogent sur le caractère bénévole, revendiqué par Bernard Kouchner, de toutes ses activités. Un opposant politique d'Alpha Condé, cité par France Info, affirme notamment que l'ancien ministre français possède "un bureau dans les locaux de Bolloré à Conakry", "roule dans un véhicule affecté par la présidence de la République avec des gardes du corps militaires guinéens" et "a fait et fait des affaires en Guinée".

Autant de soupçons qui ont le don de faire sortir de ses gonds le principal intéressé. "Je ne suis pas une barbouze, je suis bénévole, je suis avec mon copain, c'est clair ?", explique-t-il, avant de s'énerver lorsque les questions du journaliste de France Info deviennent plus précises. Le bureau chez Bolloré ? Le statut de No Borders Consultants ? "Des conneries (…). J’étais sûr que vous en viendriez là. Allez barrez-vous !"