Jeux olympiques 2020 : nouvelles performances et médailles africaines à Tokyo

Plusieurs athlètes africains sont entrés dans l'histoire lors des Jeux de Tokyo 2020, notamment le Burkinabè Hugues Fabrice Zango qui a offert sa première médaille olympique à son pays. 

Article rédigé par
avec AFP - Falila Gbadamassi
France Télévisions Rédaction Afrique
Publié Mis à jour
Temps de lecture : 8 min.
De gauche à droite, Abdi Nageeye (Pays-Bas), Eliud Kipchoge (Kenya) et Bashir Abdi (Belgique) sur le podium lors de la cérémonie de remise de médailles du marathon masculin, dans le cadre de la cérémonie de clôture des Jeux olympiques de Tokyo 2020, au stade olympique de Tokyo, le 8 août 2021. (JEWEL SAMAD / AFP)

Les XXXIIe olympiades se sont achevées le 8 août 2021 à Tokyo, dans un Japon devenu le premier pays au monde à avoir organisé des Jeux olympiques reportés pour cause de pandémie.

Pour saluer la performance des marathoniens kényans, leur hymne national a résonné par deux fois dans le stade olympique de Tokyo lors de la cérémonie de clôture pendant laquelle, pour la première fois, le Comité international olympique (CIO) a procédé à la remise des médailles des athlètes femmes et hommes en même temps. Peres Jepchirchir a décroché l’or chez les dames, devant une autre Kényane Brigid Kosgei, tandis que leur compatriote Eliud Kipchoge est rentré dans l’histoire du marathon en devenant le troisième athlète à conserver sa médaille d’or d'une olympiade à l'autre.  

Comme souvent les sportifs africains se sont distingués en athlétisme. L'Egypte (6), l'Ouganda (4), l'Ethiopie (4) et l'Afrique du Sud (3) sont les pays du continent à avoir raflé le plus de récompenses olympiques. Dans le classement général dominé par les Etats-Unis (113) et la Chine (88), ils occupent respectivement les 39e, 47e (Ouganda et Ethiopie) et 66e rangs. Retour sur quelques-unes des performances africaines au pays du Soleil levant.

Mohamed Khalil Jendoubi et Ahmed Ayoub Hafnaoui, les fougueux médaillés tunisiens

La récolte des médailles africaines a commencé avec le taekwondoïste tunisien Mohamed Khalil Jendoubi, 19 ans. Le 24 juillet, il s'inclinait en finale dans la catégorie des moins de 58 kg face à l'Italien Vito Dell'Aquila. Le lendemain, c'est une tout aussi rafraîchissante surprise en natation qui attendait les Tunisiens. Ahmed Ayoub Hafnaoui est devenu le deuxième médaillé d’or en natation du pays. A seulement 18 ans, il a rejoint, le 25 juillet, dans l'histoire sportive de la Tunisie son illustre compatriote Oussama Mellouli en remportant à la surprise générale le 400 m nage libre. "Oussama est une légende. J'espère pouvoir devenir comme lui, a déclaré Hafnaoui dans un entretien à la chaîne olympique après son sacre retentissant. Je n'arrive pas à y croire. C'est trop incroyable". La Tunisie fait fort dans les bassins du monde entier : sur les cinq médailles d'or olympiques de son histoire, trois ont été remportées en natation. 

L'Ivoirienne Ruth Gbagbi conserve son titre au taekwondo

Aux Jeux olympiques de Rio, au Brésil en 2016, la taekwondoïste Ruth Gbagbi devenait la première Ivoirienne à décrocher une médaille olympique. Elle était en bronze, un exploit qu'elle a réitéré le 26 juillet à Tokyo chez les moins de 67 kg, devenant ainsi la première sportive de son pays à s'offrir une même récompense olympique d'affilée. Ce nouveau record s'ajoute à son titre de championne du monde. 

Tatjana Schoenmaker et Bianca Buitendag, un duo féminin gagnant pour l'Afrique du Sud

La première à la natation, la deuxième au surf. Les Sud-Africaines Tatjana Schoenmaker et Bianca Buitendag sont celles qui ont ramené ses trois médailles à la nation arc-en-ciel. Le 25 juillet, Tatjana Schoenmaker s'adjuge l'argent sur 100 m brasse, puis le 30 juillet décroche l'or sur le 200 m brasse en pulvérisant au passage le record du monde. Avec un chrono de 2 min 18 sec 95 centièmes, elle bat le record de la Danoise Rikke Moller Pedersen établi en 2013 (2.19.11). Entre temps, le 27 juillet, Bianca Buitendag remporte l'argent au surf, nouvelle discipline de ces JO de Tokyo. La cheffe de délégation sud-africaine aux JO, Patience Shikwambana, s'est réjouie du leadership féminin lors de ces olympiades. "Les médailles ont été remportées par Tatjana Schoenmaker et Bianca Buitendag, et l'équipe d'encadrement a bénéficié d'une présence féminine forte et influente", peut-on lire sur le site de l'équipe sud-africaine

Une revanche argentée pour la Namibienne Christine Mboma

Après avoir été disqualifiée de la course du 400 m, à l'instar de sa compatriote Beatrice Masilingi pour un taux de testostérone trop élevé selon le CIO, Christine Mboma a décroché l'argent sur le 200 m à Tokyo avec un chrono de 21.81. La course de l'adolescente de 18 ans a été suivie par tout son village en Namibie. Sa carrière et celle de Beatrice Masilingi, qui a fini 6e au 200 m, sont prometteuses. A condition qu'elles ne subissent pas le même sort que la Sud-Africaine Caster Semenya qui n'a pas pu défendre son titre olympique sur 800 m au Japon.  

Samuel Takyi, premier médaillé ghanéen en 29 ans

A 20 ans, le boxeur ghanéen Samuel Takyi fait désormais partie de l’histoire de son pays. Le 1er août, en battant le Colombien Ceiber David Avila Segura en quarts de finale dans la catégorie des moins de 57 kg, il assurait une médaille olympique au Ghana qui l’attendait depuis vingt-neuf ans. Elle sera finalement en bronze, le 3 août, une médaille que le jeune Samuel Takyi partage avec le Cubain Lazaro Alvarez. "Ceci est pour le Ghana. Nous avons ressenti le soutien de l'autre côté de la mer", a écrit le boxeur qui s’inscrit dans une longue tradition. Les précédentes médailles olympiques ont été ramenées au Ghana précisément dans cette discipline. Samuel Takyi a représenté le continent africain lors de la cérémonie de clôture des Jeux 2020. 


Hugues Fabrice Zango, une première médaille olympique pour le Burkina

En décrochant le bronze au triple saut (17,47 m), le 5 août, le Burkinabè Hugues Fabrice Zango est devenu le premier médaillé olympique de l’histoire du Burkina Faso. Il permet à son pays de devenir le 100e à en décrocher une en athlétisme, selon World Athletics (Fédération internationale d’athlétisme). Une performance saluée par tous les Burkinabè qui l’ont accueilli avec ferveur lors de son arrivée dans la soirée du 8 août à Ouagadougou, la capitale burkinabé. Hugues Fabrice Zango vit à Béthune, en France.  


Le Marocain Soufiane el-Bakkali dans les pas de Hicham El Guerrouj 

Soufiane el-Bakkali s'est imposé au 3 000 m steeple le 2 août, devenant le premier Marocain médaillé d'or aux Jeux tous sports confondus depuis Hicham El Guerrouj en 2004. A 25 ans, il a décroché le 7e titre olympique de l'histoire du Maroc, tous obtenus en athlétisme, les deux derniers lors du retentissant doublé 1500/5000 m de son légendaire compatriote. En l'absence du Kényan Conseslus Kipruto, el-Bakkali a également mis fin à l'incroyable domination kényane sur la distance, après neuf titres olympiques consécutifs depuis 1984.

Blessing Oborududu, une première médaille olympique pour la lutte nigériane

Après avoir remporté 10 titres africains, la lutteuse Blessing Oborududu, 32 ans, s'était préparée à laisser son empreinte sur les JO de Tokyo. C'est désormais chose faite. Elle est celle qui a ramené sa première médaille olympique (d'argent) à la lutte nigériane. 

Joshua Cheptegei, l'or et l'argent pour l'Ouganda

Joshua Cheptegei  a décroché le 6 août la première médaille d'or olympique de sa carrière sur 5 000 m, avec un chrono de 12 min 58 sec 15/100e. Grand favori de l'épreuve, il avait battu le record du monde de la légende éthiopienne Kenenisa Bekele sur 5 000 m, le 14 août 2020, à Monaco en 12 min 35 sec 36. Il avait fait de même sur 10 000 m en octobre 2020. A Tokyo, quelques jours plus tôt, l'athlète de 24 ans s'était déjà adjugé une médaille d'argent sur 10 000 m, derrière l'Ethiopien Selemon Barega qui ouvrait le 30 juillet la moisson des médailles pour l'athlétisme. Cheptegei a, quant à lui, offert deux des quatre médailles obtenues par l'Ouganda à Tokyo. Les autres sont celles de Peruth Chemutai sur 3 000 m steeple féminin, la première médaille d'or olympique pour une athlète ougandaise toutes disciplines confondues selon les médias ougandais, et le bronze de Jacob Kiplimo sur 10 000 m

Le Kényan Eliud Kipchoge, nouveau roi du marathon

Seul au monde sur le bitume de Sapporo, le Kényan Eliud Kipchoge a triomphé au bout du marathon olympique dans la matinée du 8 août, comme cinq ans auparavant à Rio. Kipchoge s'est imposé en solitaire en 2 h 8 min 38 sec après avoir dominé la course. A 36 ans, Kipchoge est devenu le troisième coureur à remporter deux fois coup sur coup le marathon olympique, après l'Ethiopien Abebe Bikila (1960 et 1964) et l'Allemand de l'Est Waldemar Cierpinski (1976 et 1980)."Je crois que je vais laisser une marque" , a déclaré le détenteur du record du monde après sa nouvelle performance. "J'espère inspirer la nouvelle génération", a-t-il ajouté.

Durant les Jeux de Tokyo, la Kényane Faith Kipyegon a également réussi à conserver son titre olympique sur 1 500 m et établit un nouveau record olympique. Le relais botswanais 4 x 400 m - hommes a établi, lui aussi, un nouveau record d'Afrique. 

A toutes ces performances, s'ajoutent celles de la diaspora africaine. Ainsi, l'une des images symboliques de ces Jeux de Tokyo sera certainement celle du podium des marathoniens hommes à la cérémonie de clôture : le Néerlandais Abdi Nageeye (argent) et le Belge Bashir Abdi (bronze), tous deux d'origine somalienne, entourant le Kényan Eliud Kipchoge. 

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