Décès de Jacques Abouchar, ancien grand reporter à Antenne 2

Décédé le 20 août 2018, Jacques Abouchar, né en 1931 et diplômé du Centre de formation des journalistes (CFJ), était entré à la fin des années 1950 à la RTF, ancêtre de l’ORTF, après plusieurs expériences dans la presse, notamment à l’AFP et à Reuters. Son nom est devenu célèbre pour avoir été capturé en Afghanistan en 1984. Nous diffusons un de ces reportages, réalisé en 1974 en Guinée Bissau.

27 octobre 1984. Accompagné de Laurent Fabius, alors Premier ministre (à gauche), et de Pierre Desgraupes, PDG d\'Antenne 2 (à droite), le salut de Jacques Abouchar à son retour d\'Afghanistan où il avait été détenu comme otage.
27 octobre 1984. Accompagné de Laurent Fabius, alors Premier ministre (à gauche), et de Pierre Desgraupes, PDG d'Antenne 2 (à droite), le salut de Jacques Abouchar à son retour d'Afghanistan où il avait été détenu comme otage. (Dominique FAGET, Pierre VERDY, Charles PLATIAU / AFP)

Il avait travaillé notamment au Liban et en Côte d’Ivoire, et était devenu grand reporter au sein de l’ORTF. C’est à ce titre qu’il avait intégré Antenne 2 (ancêtre de France 2) en 1975, lors de la création de la chaîne, issue de l'éclatement de l'ORTF. En 1981, il devient rédacteur en chef adjoint du journal télévisé du soir, A2 Dernière, puis rejoint le service étranger qui fut l'un des atouts majeurs de la chaîne.

Reportage en Guinée-Bissau

Capturé en Afghanistan
C'est en 1984 que son nom fait la une des journaux français : il est capturé en Afghanistan par les forces soviéto-afghanes dans la nuit du 17 au 18 septembre. Il venait d'entrer clandestinement dans ce pays, dans la province de Kandahar (sud), avec une équipe d'Antenne 2, pour y tourner un reportage.


Le gouvernement français s'était fortement mobilisé et avait activé ses réseaux diplomatiques pour le faire libérer, et même le PCF, tout en condamnant son entrée illégale sur le territoire afghan, avait fait pression sur son homologue afghan pour obtenir son retour. Condamné à 18 ans de prison le 20 octobre, pour «passage clandestin de la frontière» et «collaboration avec des éléments contre-révolutionnaires» en vue de «recueillir des informations hostiles» aux autorités. Jacques Abouchar est finalement gracié par le gouvernement afghan, cinq jours après sa condamnation, et libéré après 40 jours de détention. 


Le grand reporter avait raconté sa captivité dans un ouvrage paru en 1985 chez Balland: Dans la cage de l'Ours.