Gambie : accusé de corruption, l’ancien président Yahya Jammeh interdit d’entrée aux Etats-Unis

Deux ans après son éviction de Gambie et son exil forcé en Guinée équatoriale, l’ancien président Yahya Jammeh est rattrapé par les sanctions internationales. Le 10 décembre 2018, les Etats-Unis lui ont interdit, ainsi qu’à ses proches, l’entrée sur le territoire américain.

Un homme piétine une affiche électorale déchirée du président gambien sortant, Yahya Jammeh, dans une rue de Bijilo, le 4 décembre 2016
Un homme piétine une affiche électorale déchirée du président gambien sortant, Yahya Jammeh, dans une rue de Bijilo, le 4 décembre 2016 (SEYLLOU / AFP)

Accusé d'avoir mis en place un réseau de corruption durant ses 22 années de dictature en Gambie, l’ancien président Yahya Jammeh vient de se voir interdire l’accès aux Etats-Unis.

Selon le communiqué du département d’Etat, son épouse, Zineb Yahya Jammeh, et ses enfants, Mariam Jammeh et Muhammad Yahya Jammeh, sont placés, comme lui, sur la liste noire américaine des dirigeants étrangers impliqués dans des faits de corruption à large échelle ou dans de graves violations des droits humains.

En conséquence, ils ne sont plus autorisés à fouler le sol américain.

Ces sanctions américaines interviennent à quelques semaines du deuxième anniversaire du départ contraint et forcé de Yahya Jammeh vers la Guinée équatoriale.

Pression de la Cedeao ou arrangement gambien ?

Petit pays anglophone d'Afrique de l'Ouest enclavé dans le Sénégal, la Gambie a été dirigée sans partage par Yahya Jammeh jusqu’à sa défaite, fin 2016 face à l’opposant Adama Barrow, et à son départ mouvementé en exil en janvier 2017.

L’ancien homme fort de la Gambie s’était finalement résigné à reconnaître sa défaite à la présidentielle et à partir. Pression de la communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), qui menaçait le pays d’une intervention militaire comme l’explique Africa news, ou bien arrangement gambien comme l’a dit le politologue Babacar Justin Ndiaye à franceinfo Afrique?

Quoi qu'il en soit, aujourd'hui, "les Etats-Unis sont aux côtés du gouvernement de Gambie, de son peuple et de sa société civile pour soutenir la transition vers davantage de transparence, de responsabilité et de gouvernance démocratique", a prévenu le département d’Etat américain dans le communiqué rapportant sa décision.