Mort subite de 28 hippopotames dans un parc national en Ethiopie

En moins d’une semaine, le parc national de Gibe Sheleko dans le sud-ouest du pays a perdu 15% de ses hippopotames. La cause de leur mort est pour l’instant inconnue.

Des hippopotames dans le parc national de Queen Elizabeth, en Ouganda.
Des hippopotames dans le parc national de Queen Elizabeth, en Ouganda. (MICHAEL RUNKEL / ROBERT HARDING PREMIUM)

Un corps, puis deux, puis dix… Le décompte macabre n’en finissait pas. Au total, au moins 28 hippopotames ont été retrouvés morts à la mi-avril dans le parc national de Gibe Sheleko. Une perte importante pour ce site de 36 000 km² qui abrite une population de près de 200 mammifères semi-aquatiques.

La maladie du charbon ?

Personne ne sait ce qu'il s’est au juste passé. Mais les premiers soupçons se portent sur l’anthrax, la maladie du charbon. Celle-là même qui avait tué des dizaines d’hippopotames dans des parcs nationaux en Ouganda, en Afrique du Sud et plus récemment encore en Namibie. La maladie infectieuse est causée par une bactérie, le bacillus anthracis, qui se niche dans le sol sous forme de spores, ce qui la rend extrêmement résistante. Elle reste inoffensive tant qu’elle est sous terre, mais une fois à l'air libre, elle redevient active et peut se répandre vite.

Une transmission rapide

La maladie du charbon, qui provoque la mort foudroyante des animaux, est notamment disséminée par les vautours et les mouches vertes. En consommant des carcasses contaminées, ils contaminent à leur tour les rivières avec leurs déjections. Et c’est dans l’eau qu’ont été découverts la plupart des hippopotames morts.

Une épidémie suscite souvent l'inquiétude parce qu’il est difficile de vacciner tous les animaux. De plus, la bactérie peut se transmettre à l’homme par des animaux ou des produits animaux infectés. A ce stade, l’Ethiopie ne parle pas d’épidémie et tente de comprendre ce qu'il s’est vraiment passé. Pour cela, des autopsies doivent être faites de manière prudente pour éviter justement toute propagation en cas d’infection. 

Une espèce "vulnérable" 

En 2017, une épidémie virulente a fait des ravages en Namibie. Une centaine d’hippopotames sont morts dans le parc national de Bwabwata, dans le nord-est du pays.

Les hippopotames sont considérés comme des animaux "vulnérables" par l’Union internationale pour la conservation de la nature. Outre la maladie, les populations d'hippopotames sont menacées par le braconnage, la déforestation et la pollution. Ils sont chassés par des braconniers qui exportent leurs longues canines vers des pays d’Asie, notamment. Là où elles servent de substituts aux défenses d’éléphants, comme le souligne CNN, qui cite Traffic, le réseau de surveillance du commerce d’espèces sauvages.

Il n’en resterait que 130 000 en liberté dans le monde.