La Côte d'Ivoire va produire de l’électricité à partir des résidus du palmier et du cacao

Pour répondre à ses besoins croissants en électricité, la Côte d'Ivoire se tourne vers la biomasse. Elle est sur le point de construire deux centrales, l'une s'appuyant sur son agro-industrie cacaoyère, l'autre sur ses palmiers à huile.

Production d\'huile de palme en Côte d\'Ivoire. Photo prise près d\'Irobo, à 120 km à l\'ouest d\'Abidjan. La Côte d\'Ivoire est l\'un des plus gros producteurs de palmiers à huile avec l\'Indonésie et la Malaisie.  
Production d'huile de palme en Côte d'Ivoire. Photo prise près d'Irobo, à 120 km à l'ouest d'Abidjan. La Côte d'Ivoire est l'un des plus gros producteurs de palmiers à huile avec l'Indonésie et la Malaisie.   (ISSOUF SANOGO / AFP)

La construction de la plus grande centrale électrique d’Afrique de l’Ouest alimentée à partir de déchets agricoles va débuter à Aboisso, à 100 km à l'est d’Abidjan. Une deuxième centrale à biomasse, utilisant cette fois les déchets de la production de cacao, est en projet à Divo, au centre d’une des grandes régions cacaoyères. 

A Aboisso, le combustible proviendra des résidus des palmiers (feuilles, troncs, etc.) issus de 39 000 hectares de plantations de palmiers à huile. L’énergie ainsi produite sera intégrée au réseau de la Côte d’Ivoire. Cette centrale à biomasse devrait répondre aux besoins en électricité de 1,7 million de personnes. 

Le principe de la biomasse est d’utiliser les déchets agricoles ou issus de l’agro-foresterie comme combustibles, pour fabriquer de l’électricité. Les végétaux recueillis sont transformés en énergie par combustion, par gazéification ou encore par méthanisation.

Les matières végétales et organiques ont l'avantage d'être gratuites, même s'il faut les collecter (ramassage) et les acheminer (camions) jusqu’à la centrale. Mais au total, cela émet beaucoup moins de CO2 qu'une centrale au charbon ou au pétrole.

Le coût total du projet, porté par la société Biovea Energie, est estimé à 180 millions d’euros. Il est soutenu par les membres du consortium EDF, Meridiam et Sifca (plantations) avec des financements de l'Agence française de développement (AFD). Et devrait créer près d'un milllier d’emplois.

Cette énergie, considérée comme renouvelable, est encore très marginale en Côte d'Ivoire, où 85% de l’électricité proviennent de centrales thermiques. On en compte une soixantaine réparties dans tout le pays.

Valoriser les résidus du cacao et du palmier à huile

Une deuxième centrale à biomasse, utilisant cette fois les déchets de la production de cacao, est en projet dans le centre du pays. L’étude technique de faisabilité a été financée à hauteur d’un million de dollars, par l’Agence américaine pour le commerce et le développement (USTDA).

Premier producteur de cacao au monde, la Côte d’Ivoire génère, chaque année, quelque 26 millions de tonnes de déchets issus de cette culture. Autant de cabosses ou de fèves défectueuses qui sont perdues, car incinérées le plus souvent à l’air libre.

A plein régime, cette centrale, située à Divo au cœur d’une des grandes régions cacaoyères, devrait permettre d’économiser 250 000 tonnes de CO2 par an. Son coût est évalué à 230 millions d’euros.

Ces deux centrales à biomasse vont permettre de valoriser ces déchets agricoles perdus et de répondre, en partie, aux besoins croissants en électricité de la Côte d’Ivoire. Un choix écologique, en raison d'un faible bilan carbone. Le Cameroun et l’Afrique du Sud ont également plusieurs projets dans ce domaine. Une voie à explorer pour l'Afrique.