Le site Gallica de la BNF revient sur la campagne de Bonaparte en Egypte

La BNF invite à se plonger dans la campagne d’Egypte de 1798 et sa grande expédition scientifique à travers son site Gallica (la bibliothèque numérique de la Bibliothèque Nationale de France). Le blog Gallica raconte avec de magnifiques documents la naissance de l’Institut d’Egypte par Bonaparte qui amena pour la première fois une vision scientifique sur cette partie du monde.

Image tirée d\'une exposition italienne sur Bonaparte.
Image tirée d'une exposition italienne sur Bonaparte. (Alexander Pohl / NurPhoto)
Ce billet de blog, rédigé par Vanessa Desclaux, nous emmène dans les trésors de la BNF en nous racontant comment l’expédition de Bonaparte en Egypte –dont les premiers buts étaient loin d’être scientifiques– a débouché sur une œuvre culturelle et archéologique dont les découvertes sont toujours d'actualité. A commencer par la mise à jour de la pierre de Rosette par un soldat de l'expédition qui permit plus tard à Champollion de déchiffrer les hiéroglyphes.

L’Expédition d’Égypte constitue un tournant dans la connaissance de l’Égypte. «Il s’agit, selon la harangue de Bonaparte lors de la bataille des Pyramides, de "porter la civilisation dans l’Orient, et soustraire cette belle partie du monde au joug de l’Angleterre". Par "civilisation", il faut alors entendre l’introduction de la science rationnelle et expérimentale prônée par l’esprit des Lumières», écrit Vanessa Desclaux. Derrière cette belle ambition, Bonaparte ne cache pas qu'il y a la volonté de damer le pion à l'Angleterre et de développer la puissance française. L'expédition mène d'ailleurs les premiers travaux destinés à ouvrir l'isthme de Suez

Le blog attire l'attention sur le projet de «Bibliothèque d'Orient» qui réunit plusieurs bibliothèques patrimoniales du Proche-Orient et la BNF pour «rendre compte de la permanence et de la richesse des échanges scientifiques, intellectuels et interreligieux» dans la région.  


La campagne d’Égypte dure de 1798 à 1801. Elle a pour but de s'emparer de l'Égypte et de l'Orient pour, notamment, bloquer la route des Indes à la Grande-Bretagne dans le cadre de la lutte contre cette dernière. Londres était en effet l'une des puissances à maintenir les hostilités contre la France révolutionnaire. Mais Bonaparte, membre de l'Institut, s'est entouré de savants, la «commission des sciences et des arts de l’armée d’Orient» pour mener à bien un inventaire du pays.

L’arrivée de cette mission politico-scientifique permet de développer une approche d'un pays qu’on ne connaissait que sous son aspect «mythique». «La commission va entreprendre de décrire le pays dans un esprit scientifique, dans tous les domaines, même si la postérité a surtout retenu son apport dans le domaine de l’Antiquité, au détriment d’apports conséquents dans le domaine des sciences naturelles», note Gallica.

La BNF raconte comment Bonaparte a tenu à emporter pour son expédition deux imprimeries pour immortaliser ses ambitions scientifiques. «Entre les 29 août 1798 et 20 juin 1801 paraissent Le Courrier d’Égypte, diffusant des nouvelles choisies, destinées aux corps expéditionnaires, et du 1er octobre 1798 au 31 mars 1800, La Décade égyptienne, revue savante consacrée aux mémoires et rapports des membres de l’Institut», précise le blog, illustré de nombreux documents.

(BNF Gallica)


«Le 6 février 1802, il est arrêté que "tous les mémoires, plans, dessins et généralement tous les résultats relatifs aux sciences et arts, obtenus pendant le cours de l’expédition d’Égypte, seront publiés aux frais du gouvernement", c’est la naissance de La Description de l’Égypte », précise Gallica. Un ouvrage extraordinaire de 23 volumes formé de 9 volumes in-folio et des planches de Dutertre en 14 volumes.

Le passage de Bonaparte a laissé des traces sur la terre des Pharaons puisque son Institut d’Egypte, qui a cessé d’exister en 1801, a finalement été remis sur pied et traversé les siècles. Il perdure toujours au Caire.