Egypte: un député perd son mandat après sa rencontre avec l’ambassadeur d’Israël

Le Parlement égyptien a déchu de son mandat le député Tewfik Okacha après sa rencontre avec l’ambassadeur d’Israël au Caire. Il a été sanctionné pour avoir discuté avec lui d’un sujet «en lien avec la sécurité nationale». Trente-sept ans après la signature d’un accord de paix, les relations avec l’Etat hébreu demeurent un sujet épineux au sein de la société égyptienne.

Des ouvriers éthiopiens sur le chantier du Grand barrage de la renaissance, le plus grand d\'Afrique, construit sur le Nil Bleu en Ethiopie malgré les réticences de l\'Egypte, le 31 mars 2015.
Des ouvriers éthiopiens sur le chantier du Grand barrage de la renaissance, le plus grand d'Afrique, construit sur le Nil Bleu en Ethiopie malgré les réticences de l'Egypte, le 31 mars 2015. (ZACHARIAS ABUBEKER/AFP)

Le Parlement égyptien a approuvé le 2 mars 2016, par plus des deux-tiers de ses membres, la déchéance du député Tewfik Okacha de son mandat après sa rencontre avec l’ambassadeur d’Israël au Caire.
 
Egalement animateur de télévision controversé, le député Okacha avait invité le 24 février 2016 le diplomate Haïm Koren à dîner à son domicile.
 
Le lendemain, dans un entretien accordé au quotidien Al-Masri al-Youm, il avait indiqué : «Nous nous sommes mis d’accord pour qu’Israël ait un rôle décisif dans la question du barrage», construit par l’Ethiopie sur le Nil.

Frappé à coup de chaussure en plein hémicycle 
Ce barrage, présenté comme le plus grand d’Afrique, doit être inauguré par Addis Abeba en 2017. Il est toutefois contesté par l’Egypte qui craint de le voir diminuer son approvisionnement en eau.
 
La rencontre et les propos ont déclenché la colère de ses pairs. Un de ses collègues l’a frappé d’un coup de chaussure en plein hémicycle, un autre l’a accusé d’avoir «manqué aux devoirs de sa fonction en invitant un Etat étranger à s’ingérer pour résoudre la question du barrage».
 
Pour finir, le Parlement a voté la déchéance du député Okacha de son mandat avec l’accord de 465 députés.
 
«La sanction n’est pas motivée par sa rencontre avec l’ambassadeur d’un pays étranger, a expliqué le Parlement sur son site Internet, mais en raison des questions discutées lors de cet entretien, en lien avec la sécurité nationale égyptienne.»

Entre l'Egypte et Israël, des relations ambiguës même après 37 ans de Paix 
Trente-sept ans après la signature d'un accord de paix entre Israël et l'Egypte, les relations entre ces deux pays demeurent fragiles et ambiguës de part et d’autre.
 
L’ambassadeur d’Israël, qui avait dans un premier temps jugé la rencontre «très réussie», a revu sa copie après le tollé. «Nous devons accepter les opinions divergentes, a-t-il posté sur la page Facebook de l’ambassade, pour consolider les liens entre les deux peuples».