Égypte : le régime répressif du général al-Sissi

Emmanuel Macron et le président égyptien al-Sissi ne sont pas tombés d'accord sur les droits de l'homme lundi 7 décembre. En Égypte, la moindre voix opposante est arrêtée, torturée et parfois exécutée.

FRANCEINFO

Au Caire (Égypte), cela fait deux mois que Laïla Soueif, professeure d'université, n'a pu rendre visite à son fils en prison. "Si je ne recevais pas de lettres, je ne saurais rien de lui. Je ne saurais même pas s'il est toujours en vie", déplore-t-elle. Alaa Abdel Fattah est l'un des visages de la révolution de 2011 dans le pays. Ce blogueur milite pour la démocratie et la liberté d'expression. Arrêté et relâché à plusieurs reprises, il est à nouveau derrière les barreaux depuis plus d'un an. En juin dernier, Sanaa, sa jeune sœur, militante elle aussi, a été enlevée en pleine rue par des policiers en civil.

90 condamnés à mort en 2020

"Sous Moubarak, sous el-Sadate, et même sous Nasser, qui était pourtant très autoritaire, ça n'avait rien à voir avec ce qu'on connaît aujourd'hui", accuse Laïla Soueif. Arrivé au pouvoir à la suite d'un coup d'État militaire en 2013, le maréchal al-Sissi ne tolère aucune contestation. La répression s'abat sur tous ceux qui osent élever la voix, que ce soit pour dénoncer la corruption du régime ou la hausse des prix. Les associations de défense des droits de l'homme estiment à 60 000 au moins le nombre de personnes détenues au cours des cinq dernières années. L'Égypte du président al-Sissi est l'un des pays au monde qui exécute le plus. 90 condamnés à mort ont été pendus ou fusillés en 2020.

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Le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi (au centre), porte un masque lors d\'une visite sur une base aérienne militaire à l\'est du Caire le 7 avril 2020.
Le président égyptien, Abdel Fattah al-Sissi (au centre), porte un masque lors d'une visite sur une base aérienne militaire à l'est du Caire le 7 avril 2020. (AFP / EGYPTIAN PRESIDENCY)