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DIRECT. Egypte : le Premier ministre promet de poursuivre le processus électoral, malgré le bain de sang

La police a mené une sanglante opération de dispersion contre les partisans de Morsi sur deux places du Caire. Au moins 149 personnes ont été tuées, dont au moins 124 manifestants pro-Morsi.

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France Télévisions
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Le direct :

Depuis la destitution du président islamiste Mohamed Morsi par l'armée le 3 juillet, l'Egypte connaît une crise politique qui mobilise les partisans de l'ancien chef de l'Etat. Le mouvement, qui connaît des épisodes violents, prend un tour sanglant mercredi 14 août. A tel point que la présidence a décrété l'état d'urgence pour un mois et que le vice-président et prix Nobel de la paix, Mohamed El-Baradei, a démissionné.

Les faits à retenir :

La police a commencé à disperser, dans la matinée, les deux rassemblements de partisans du président déchu Mohamed Morsi au Caire. Ceux-ci étaient retranchés derrière des barricades, avec femmes et enfants, sur les places Rabaa al-Adawiya et Nahda. Vendredi soir, la place Rabaa al-Adawiya, la plus importante des deux places occupées, est "totalement sous contrôle" des autorités, selon un responsable de la sécurité.

 Les bilans divergent, mais une chose est sûre, l'opération a tourné au bain de sang. Un bilan du ministère de la Santé fait état de 149 morts quand les manifestants parlent de plus de 2 200 morts et 10 000 blessés. Par ailleurs, un caméraman de la chaîne britannique Sky News. Il pourrait ne pas être le seul, selon un journaliste de la radio américaine NPR sur Twitter.

• Face à ce bain de sang, des partisans de Morsi ont violemment protesté dans d'autres villes égyptiennes. Des pro-Morsi ont incendié au moins trois églises coptes dans le centre de l'Egypte. Et au moins 41 personnes ont été tuées dans la province de Minya, en Moyenne-Egypte. La coalition pro-Morsi a appelé à des manifestations dans toute l'egypte pour dénoncer le "coup d'état militaire".

• La présidence égyptienne a décrété en milieu d'après-midi l'état d'urgence et imposé un couvre-feu au Caire et dans dix provinces. Il a ordonné à l'armée d'apporter son soutien aux forces du ministère de l'Intérieur pour imposer la sécurité. 

• Devant l'intervention sanglante des forces de l'ordre, le vice-président et prix Nobel de la paix, Mohamed El-Baradei, a annoncé avoir présenté sa démission au président par intérim. "Il m'est devenu difficile de continuer à assumer la responsabilité de décisions avec lesquelles je ne suis pas d'accord", écrit-il dans sa lettre au président Adly Mansour.

• De nombreux pays ont réagi. Par la voix de son ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, la France demande l'"arrêt immédiat de la répression" et saisit l'Onu. Principaux alliés de l'egypte, les Etats-Unis condamnent le recours à la violence et s'opposent au retour de l'état d'urgence.

• Dans une allocution télévisée, mercredi soir, le Premier ministre égyptien Hazem Beblawi a assuré que la police avait agi avec "la plus grande retenue". Le chef du gouvernement intérimaire a promis de poursuivre la mise en oeuvre du processus qui doit conduire à des élections début 2014

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