Algérie: le PDG de Cevital, Issad Rebrab, condamné mais libéré, après huit mois passés en prison

Cevital est la première entreprise privée en Algérie.

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Le PDG de Cevital, Issad Rebrab, à Alger le 8 février 2018 (ROMUALD MEIGNEUX/SIPA)

Le PDG du groupe Cevital, Issad Rebrab, a été condamné le 1er janvier 2020 à 18 mois de prison dont six fermes, a indiqué l'agence officielle APS. Il était poursuivi pour "infraction à la législation relative au mouvement des capitaux et surfacturation lors d'une opération d'importation". Depuis la démission, le 2 avril 2019, du président Abdelaziz Bouteflika, sous la pression d'un mouvement de contestation populaire, la justice a ouvert des enquêtes contre plusieurs hommes d'affaires liés à l'ancien clan présidentiel.

Issad Rebrab, qui avait déjà passé huit mois en détention provisoire, a été libéré avant l'aube le 1er janvier, a constaté l'AFP. Le parquet avait requis un an de prison ferme.

Dans cette affaire examinée le 31 décembre par le tribunal de Sidi M'hamed, le PDG de Cevital, arrêté en avril 2019, était jugé avec deux entreprises, Evcon, une filiale du groupe, et l'établissement bancaire jordanien The Housing Bank for Trade and Finance (HBTF), a indiqué APS. La justice reprochait notamment aux prévenus la surfacturation d'équipements de purification d'eau importés par Evcon, selon APS.

Issad Rebrab a été condamné à une amende de 1,383 milliard de dinars (plus de 10,3 millions d'euros). Le tribunal a condamné l'entreprise Evcon à une amende de 2,766 milliards de dinars (20,7 millions d'euros) et HBTF devra payer une amende de 3,168 milliards de dinars (23,7 millions d'euros).

Un PDG qui pèse 3,39 milliards d'euros, un groupe qui réalise 3,57 milliards de CA

Le chef d'entreprise a nié tous les faits qui lui sont reprochés. Il a refusé de reconnaître "l'expertise réalisée sur les équipements importés de l'étranger et objet de la fausse déclaration douanière", selon l'APS. La juge a estimé que l'expertise avait démontré une véritable valeur de ces équipements bien en deçà de celle mentionnée dans la déclaration douanière.

Agé de 74 ans, Issad Rebrab a fondé le conglomérat Cevital en 1998. Le magazine américain Forbes estime sa fortune à 3,8 milliards de dollars (3,39 milliards d'euros), la première d'Algérie et la sixième d'Afrique. "Premier groupe privé algérien", Cevital se présente comme la "première entreprise privée algérienne à avoir investi dans des secteurs d’activités diversifiés", selon son site. Fort de "26 filiales sur 3 continents", le groupe emploie "18 000 employés" et réalise "4 milliards de dollars (3,57 miliards d'euros) de chiffre d'affaires". Il est présent dans l'agroalimentaire (sucre), le BTP, la sidérurgie, la distribution, l'électronique, l'électroménager...

Propriétaire en Algérie du quotidien francophone Liberté, Cevital a notamment racheté en France la firme d'électroménager Brandt et le fabricant de portes et fenêtres Oxxo. Le groupe a également un important projet d'usine de traitement de l'eau dans les Ardennes (nord-est). En Italie, Cevital avait racheté en 2015 les aciéries de Piombino avant d'être contraint par le gouvernement italien, qui l'accusait de n'avoir pas honoré ses engagements, de les céder en 2018 à l'Indien JSW Steel.

"Le procès du premier contribuable de par sa cotisation au Trésor public s’achève sur un happy-end malgré sa condamnation (...). C’est la fin d’un feuilleton judiciaire long de plus d’une année. A la barre du tribunal de Sidi M’hamed, Issad Rebrab a montré toutes ses qualités", commente Liberté. Selon le quotidien, l'affaire n'est qu'"une flagrante cabale" contre un homme "qui, depuis toujours, a été la victime de l'ancien régime"

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