Centrafrique : les trompes des Broto veulent vivre malgré la guerre civile

Menacée depuis plusieurs années, la tradition musicale ancestrale de l'ethnie Broto, tend à s'essouffler de plus en plus depuis le déclenchement de la crise centrafricaine en 2013, marquée par la violence et l'insécurité. Rencontre avec l'un des derniers orchestres de souffleurs de trompe centrafricains.

Une reportage photo de Florent Vergnes.

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"Les gens à Bangui (la capitale, NDLR) pensent que les Broto sont morts, mais nous sommes là !" s'exclame Bruno Hogonédé, le président des Ongo-Broto, l'une des dernières formations à utiliser des trompes musicales. Au début des années 2000, la troupe se produisait jusqu'en France ou en Algérie. Mais depuis, les occasions se font rares.  FLORENT VERGNES / AFP
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Les musiciens, vêtus d'habits en écorce de bois appelés "Koundou", accompagnent la mélodie d'un pas chaloupé, faisant vibrer les "alikposso", des grelots en feuilles de palmier attachés à leurs chevilles. FLORENT VERGNES / AFP
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Les Broto sont sans cesse à l'affût d'un nouvel instrument, qu'ils trouvent dans la nature sous la forme d'une souche d'arbre évidée. "Cette racine, on l'appelle Opo. Les trompes sont créées par les termites, elles creusent les trous dedans", explique Bruno Hogonédé .  FLORENT VERGNES / AFP
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Il y a longtemps, les jeunes garçons apprenaient à jouer de la trompe pendant leur initiation car, à l'origine, cette musique est liée au culte des ancêtres. Mais, progressivement, la transmission s'est un peu perdue. De nos jours, si la pratique de l'instrument est toujours enseignée, l'apprentissage des rites qui accompagnaient la musique a disparu. FLORENT VERGNES / AFP
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Les musiciens des Ondo-Broto prennent soin de leurs instruments, tous différents. Un trempage régulier dans l'eau permet de sortir des sons polyphoniques complexes. La plupart du temps, ils jouent lors de fêtes, de mariages, d'enterrements. Ils suivent une partition d'une extrême précision rythmique. Les trompes grondent à différentes octaves, guidées par le cliquètement sec d'un grelot d'acier. FLORENT VERGNES / AFP
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En janvier 2019, Bambari, ville du centre du pays où vivent les Broto, a été le théâtre de violents combats. Des affrontements ont opposé les Casques bleus et des éléments de l'Unité pour la paix en Centrafrique (UPC), l'un des 16 groupes armés qui contrôlent la majorité du territoire. "On a été pillés, les instruments ont brûlé dans des incendies, on a dû tout refaire" se désole l'un des musiciens. FLORENT VERGNES / AFP
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Dans des coulisses improvisées, au milieu de maisons en ruine, les musiciens, danseurs et danseuses se préparent avant leur représentation. Bientôt, les habitants des environs s'approcheront en esquissant des pas de danse, heureux d'entendre cette musique plutôt que le crépitement des armes.  FLORENT VERGNES / AFP