A Lalibela, des protections temporaires jugées dangereuses pour les lieux de culte

 En 2018, les habitants de Lalibela, dans le nord de l'Ethiopie, un site connu pour onze églises taillées dans la roche, ont protesté contre les abris qui protègent certaines d'entre elles. Ils affirment que ces structures pourraient s'effondrer à cause des conditions météorologiques… Reportage du journaliste Chris Stein et du photographe Eduardo Soteras de l'AFP.

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Inscrites au patrimoine mondial par l'Unesco en 1978, les églises de Lalibela sont uniques. Taillées dans la roche, elles sont situées sous le niveau du sol, entourées de profondes douves sèches. Les cours entourant ces lieux de culte extraordinaires ne sont accessibles que par des escaliers et des tunnels. Seuls leurs toits sont visibles. EDUARDO SOTERAS / AFP
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Lalibela tire son nom du roi Gebre Mesqel Lalibela, au pouvoir au XIIIe siècle, dont la légende veut qu'il ait fait construire onze églises avec l'aide d'anges après que Dieu lui eut ordonné d'édifier une "Nouvelle Jérusalem". EDUARDO SOTERAS / AFP
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Située à 680 km au nord d'Addis Abeba, Lalibela est une destination populaire auprès des touristes étrangers et des chrétiens orthodoxes éthiopiens. La religion orthodoxe est la plus pratiquée dans le pays. EDUARDO SOTERAS / AFP
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Les églises taillées dans la roche mesurent jusqu'à 15 mètres de haut, regorgent d'ornements et de fenêtres sculptées en forme de croix, mais leur composition rocheuse les rend vulnérables à l'érosion due aux précipitations torrentielles durant la saison des pluies. EDUARDO SOTERAS / AFP
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Le prêtre Mekonnen Fatne et un fidèle observent une église vieille de neuf siècles. Ils craignent de la voir détruite à tout moment. EDUARDO SOTERAS / AFP
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Au-dessus de l'église s'étend un treillage métallique sur lequel est tendue une bâche : c'est l'un des quatre abris mis en place pour protéger les églises historiques de la ville. Mais selon les habitants, ces protections pourraient au contraire les faire disparaître, malgré les assurances des experts. EDUARDO SOTERAS / AFP
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"Si cela devait s'effondrer, pensez-vous qu'il resterait quoi que ce soit de l'église ?", demande le prêtre en désignant les épaisses tiges de métal qui plongent dans la terre rouge autour de l'église de Bete Maryam. EDUARDO SOTERAS / AFP
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La population locale s'inquiète de la solidité de ces abris de fabrication italienne, qui sont assortis d'une garantie de dix ans. EDUARDO SOTERAS / AFP
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"C'est comme une vengeance des Italiens !", lance un habitant de Lalibela, en référence aux conflits répétés qui ont opposé dans le passé l'Ethiopie à ses colonisateurs italiens. EDUARDO SOTERAS / AFP
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"Nous voulons une restauration permanente et nous voulons que l'abri soit retiré", déclare Tsigieselassie Mazgebu, le curé de la paroisse du site. EDUARDO SOTERAS / AFP
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Les prêtres et les fidèles se plaignent aussi du fait que les lourds piliers de soutènement des abris ont endommagé la chapelle souterraine de la Trinité, dont le toit se fissure sous le poids. EDUARDO SOTERAS / AFP
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Les défenseurs du patrimoine assurent, eux, que les abris érigés en 2008 pour protéger les églises de la pluie ne représentent aucune menace. Ils sont malgré tout devenus le symbole de la négligence subie, selon les habitants de Lalibela, par eux-mêmes et le site. EDUARDO SOTERAS / AFP
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Pour Hailu Zelekeke Woldetsadik, de l'Autorité éthiopienne de recherche et de conservation du patrimoine culturel, il n'y a pas lieu de s'inquiéter. Il nie tout dommage causé à la chapelle de la Trinité et déclare que les abris ont été conçus pour résister en toute sécurité au-delà de leur garantie décennale. "Il n'y a pas de danger imminent", a-t-il affirmé à l'AFP. Les structures ont été conçues pour bouger en cas de vents violents plutôt que de résister jusqu'à leur point de rupture. EDUARDO SOTERAS / AFP
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 Kidanemariam Woldegiorgis, un archéologue qui a grandi à Lalibela, a attribué la controverse à un manque de consultation des habitants, qui a alimenté les soupçons. "Ce qu'ils font n'est pas clair, pas transparent", dit-il. EDUARDO SOTERAS / AFP
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"Nous sommes ici à cause du patrimoine", dit Yitibarek Getu, un diacre local. "S'il n'y a pas de patrimoine, imaginez ce qu'il va se passer !" L'aide financière proposée par le président français Emmanuel Macron lors de sa visite en Ethiopie pour la rénovation du site va-t-elle résoudre ces problèmes? Les habitants l'espèrent. EDUARDO SOTERAS / AFP