Côte d’Ivoire : quand la montée des eaux menace le littoral

La ville de Grand-Lahou (Côte d'Ivoire), située sur une bande de terre au milieu de l'eau à une centaine de kilomètres d'Abidjan, est victime de la montée des eaux, due au réchauffement climatique. Le parc national d'Azagny et les forêts de mangroves, uniques sur le littoral ivoirien, sont également menacés.

9 photos d'Issouf Sanogo illustrent ce propos
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"50% de la population ivoirienne vit en zone côtière et plus de 40% des Ivoiriens tirent leurs moyens de subsistance de cet espace", selon les chiffres du ministère ivoirien de l'Environnement.   ISSOUF SANOGO / AFP
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Les habitants de Grand-Lahou et les 20.000 pêcheurs de la région subissent les conséquences du réchauffement climatique. Ils voient leurs maisons mangées par la montée des eaux et l'érosion. Et les pêcheurs ramènent leurs filets vides. ISSOUF SANOGO / AFP
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Le vieux "Lahou", ancien comptoir où des missionnaires blancs débarquèrent en 1920 pour évangéliser l'ouest de la Côte d’Ivoire, constituait la principale attraction touristique avec ses dizaines de vieilles maisons coloniales. ISSOUF SANOGO / AFP
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Aujourd’hui, il ne reste rien de ces vieilles bâtisses, excepté des pans du mur de l'ancien hôpital sur lequel viennent s'écraser des vagues. "Le dernier vestige colonial de Lahou va disparaître dans quelques mois et son histoire avec, car la mer avance dangereusement", assure Parfait Dago, un habitant, pointant du doigt l'ancien hôpital, ou ce qu'il en reste. ISSOUF SANOGO / AFP
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En deux décennies, trois kilomètres de côte de la vieille ville ont ainsi disparu sous les eaux ravageant tout sur leur passage. "Il y a urgence, nous lançons un appel aux partenaires afin d'apporter un appui à Grand-Lahou", a déclaré le maire de la ville, Jean Djaya. "Sinon, il faudra se résoudre à déplacer les 20.000 personnes qui y vivent sur une bande de terre de 30 kilomètres vers l'intérieur, un défi titanesque". ISSOUF SANOGO / AFP
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"Les activités principales des habitants sont menacées. La jeunesse n'a plus d'emploi, les femmes n'ont plus d'activité... Nous sommes dans la paupérisation", déplore le maire. "Sauver Lahou, c'est relancer l'économie locale en créant des conditions pour la sécurité alimentaire", ajoute-t-il. Selon lui, préserver la cité, qui a été l'une des capitales de la traite négrière, c'est aussi garder intacte l'histoire du pays. Voire de l'Afrique. ISSOUF SANOGO / AFP
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"Nous demandons au monde entier d'aider Grand-Lahou. Les enfants ne vont plus à l'école", raconte un habitant, face à la mer, en ramenant son filet vide sur les rivages de la lagune. ISSOUF SANOGO / AFP
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"Je suis écœuré. L'école primaire que j'ai fréquentée est sous les eaux... J'ai mal, c'est toute mon enfance qui été emportée", ajoute Alain Dégny, un ingénieur de 45 ans. Il décrit avec amertume un terrain de football sablonneux, les rues, le grand phare lumineux qui faisait la fierté du village... ISSOUF SANOGO / AFP
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Le village doit aussi faire face à la raréfaction du poisson. "Avant, il y avait assez de poissons, alors que maintenant c'est dur pour nous (...). Si on ne nous aide pas, on risque de disparaître", dit M.Atcho, un habitant. Le désensablement de l'embouchure du fleuve qui se jette dans la mer permettrait de limiter l'érosion à Grand-Lahou estime les villageois. ISSOUF SANOGO / AFP