La journaliste française tuée en Centrafrique serait "tombée dans une embuscade"

C'est la présidence de la République qui a annoncé sa mort.

Des militaires français près de Sibut (Centrafrique), le 1er février 2014. Selon l\'Elysée, le corps de la journaliste a été retrouvé lors d\'une patrouille de la force Sangaris.
Des militaires français près de Sibut (Centrafrique), le 1er février 2014. Selon l'Elysée, le corps de la journaliste a été retrouvé lors d'une patrouille de la force Sangaris. (JEAN-PIERRE CAMPAGNE / AFP)

Une journaliste française a été tuée en République centrafricaine. Selon l'Elysée, qui a donné l'information mardi 13 mai, Camille Lepage a été "assassinée" dans l'ouest du pays, où elle effectuait un reportage.

Que s'est-il passé ?

"La dépouille de Mme Lepage a été trouvée lors d'une patrouille de la force Sangaris, à l'occasion d'un contrôle effectué sur un véhicule conduit par des éléments anti-balaka, dans la région de Bouar", indique la présidence française.

Selon une source militaire française, elle est morte il y a deux jours. "Camille Lepage était en compagnie des milices anti-balaka pour son reportage, a poursuivi la source. Ils seraient tombés dans une embuscade certainement tendue par des éléments armés qui écument la région. Elle a subi des tirs et les anti-balaka ont remonté le corps ainsi que ceux de leurs compagnons". "Une enquête est ouverte pour déterminer les circonstances exactes de son décès", a ajouté cette source.

François Hollande assure que "tous les moyens nécessaires seront mis en œuvre pour faire la lumière sur les circonstances de cet assassinat et retrouver les meurtriers de notre compatriote". Le président a évoqué "un guet-apens".

Qui est Camille Lepage ?

Cette jeune femme de 26 ans, originaire d'Angers, était photojournaliste indépendante. D'abord basée dans le sud du Soudan dès juillet 2012, elle était installée en Centrafrique depuis le mois de septembre 2013. Ses photos ont été publiées dans le New York TimesTime, Le Monde, le GuardianLe Nouvel Observateur ou encore Le Parisien

Son dernier message Instagram date du 6 mai. La journaliste explique qu'elle voyage en Centrafrique avec les anti-balaka. Elle fait état des personnes tuées par la Seleka depuis mars et explique que les anti-balaka viennent chercher des personnes en fuite pour les ramener chez elles.

Quelles sont les réactions ?

Interrogée par RTL, la mère de Camille Lepage la décrit comme "quelqu'un de passionnée", qui avait "la vocation". "Je savais qu'elle était en danger", poursuit-elle, "malheureusement elle fait partie des centaines de journalistes qui sont tués tous les ans". Sur l'enquête qui va être menée, elle conclut : "l'enquête je m'en fiche complètement, j'ai perdu ma fille et elle n'avait pas l'âge de se faire tuer".

Le président Hollande a adressé ses plus sincères condoléances aux proches de la victime. Le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius a, de son côté, fait part de sa "très vive émotion" à l'annonce de ce décès. "Il ne saurait y avoir d'impunité pour ceux qui, à travers les journalistes, s'en prennent à la liberté fondamentale d'informer et d'être informé", a-t-il fait savoir à l'AFP depuis les Etats-Unis.

Dans un communiqué, l'ONG Reporters sans frontières (RSF) s'est dite "profondément choquée""Sa mort odieuse montre à quel point les journalistes sont exposés au danger dans leur recherche de l'information, en République centrafricaine comme sur d'autres terrains de conflit", a déclaré l'ONG.