Centrafrique : des juges français vont enquêter sur les accusations de viol contre des militaires français

Le parquet de Paris a annoncé, jeudi, qu'il avait ouvert une information judiciaire. Selon un rapport de l'ONU et de l'Unicef, 14 soldats français auraient violé, à partir de décembre 2013, des enfants dans un camp de réfugiés. 

Un soldat français positionné à un check-point à Bangui (Centrafrique), le 1er mars 2014.
Un soldat français positionné à un check-point à Bangui (Centrafrique), le 1er mars 2014. (SIA KAMBOU / AFP)

Le parquet de Paris a annoncé, jeudi 7 mai, que des juges d'instruction français vont enquêter sur les accusations de viol visant des militaires français en Centrafrique. Selon un rapport de l'ONU et de l'Unicef, 14 soldats français se seraient livrés, à partir de décembre 2013 et pendant six mois, à des agressions sexuelles sur des enfants, les plus jeunes âgés de 9 ans, dans un camp de réfugiés près de l'aéroport de Bangui.

L'information judiciaire est ouverte "contre personne non dénommée des chefs de viols sur mineurs de 15 ans par personnes abusant de l'autorité conférée par leurs fonctions et complicité de ce crime", précise François Molins, le procureur de la République de Paris, dans un communiqué.

Après avoir été saisi par le ministère de la Défense, le parquet avait ouvert une enquête préliminaire à la fin juillet 2014. Aucun enfant ni militaire mis en cause n'ont été entendus dans le cadre de cette enquête.

"Une enquête complexe"

Dans son communiqué, le parquet explique qu'il a d'abord voulu entendre la fonctionnaire de l'ONU rédactrice du rapport à l'origine de l'affaire, mais que la demande de levée d'immunité nécessaire à cette audition a été refusée par les Nations unies. L'employée a finalement répondu par écrit et cette réponse est arrivée le 29 avril. C'est sur la base de ce questionnaire écrit que le parquet a décidé l'ouverture d'une information judiciaire qui permettra de donner plus de moyens aux enquêteurs.

L'ONU et le ministère de la Défense se sont défendus d'avoir voulu étouffer le dossier. Le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian a évoqué une "enquête complexe", en soulignant que "depuis les faits allégués, la plupart des soldats ont quitté ce théâtre d'opérations".