Des régions entières du Burkina Faso sous le contrôle des jihadistes

Ecoles fermées, liaisons routières interrompues, administration absente... la région de la Tapoa serait entre les mains des terroristes.

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France Télévisions Rédaction Afrique
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Des habitantes de Gorom Gorom, dans le nord du Burkina-Faso, se rendent au marché. (PHILIPPE ROY / PHILIPPE ROY)

C’est un cri du cœur qu’a lancé Marcel Ouoba, un jeune habitant de la région de la Tapoa, une des 45 provinces du Burkina Faso, à l’extrême Est du pays. La région coincée entre Niger et Bénin serait selon lui laissée aux mains des terroristes. Toutes les écoles sont fermées et l’activité économique à l’arrêt. "Les institutions financières ont plié bagages, les marchés fermés et aucun maire ne peut encore se rendre sur place. Les transporteurs ont arrêté le trafic et il n’est plus possible de rentrer chez soi", a expliqué le jeune homme à un groupe de journalistes réunis à Ouagadougou.

Depuis le 18 octobre, selon lui, toutes les écoles sont fermées et l’Etat ne contrôle plus rien dans cette province de 15 000 km², composée de huit communes. "Les villages ont été successivement occupés par les terroristes au vu et au su de tous."

La région de la Tapoa est frontalière du parc de la Pendjari, au Bénin. En 2019, des terroristes y avaient enlevé deux touristes français et leur guide, puis s’étaient repliés au Burkina avec leurs otages. Lors de l’opération de sauvetage deux membres des forces spéciales françaises avaient trouvé la mort.

Dans un bilan publié début octobre, le ministère de l’Education reconnaît la fermeture de 2 244 écoles sur l’ensemble du pays, soit un peu plus de 10% des établissements scolaires. Ces fermetures, imposées pour des raisons de sécurité, affectent plus de 300 000 élèves.

"Se révolter"

Le jeune homme, quelque peu utopiste, a appelé à un sursaut du pays pour "se révolter contre les terroristes". Car le pays est plus que jamais dans l’œil du cyclone terroriste. "La violence liée à al-Qaïda et à Daech a fait des milliers de morts et déplacé plus de 1,4 million de personnes dans ce pays d'Afrique de l'Ouest autrefois paisible", écrit Al Jazeera. Entre mai et août de cette année, le nombre de morts a augmenté de 300% par rapport à la période de janvier à avril (de 80 à 335).

Le Burkina Faso semble à son tour atteint du "syndrome" malien. Dans tout le pays, la frustration monte face à l’impuissance de l’armée, mal équipée et sous-entraînée. Les protestations se multiplient, la population à l’instar de ce jeune de Tapoa exige que le gouvernement prenne des mesures énergiques afin de lutter contre le terrorisme.

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