Burkina Faso : le gouvernement dément tout coup d'Etat après des tirs entendus dans plusieurs casernes

Ces tirs, notamment dans la capitale, Ouagadougou, surviennent au lendemain de nouvelles manifestations de colère d'habitants excédés par l'impuissance des autorités à faire face à la violence jihadiste qui ravage le pays.

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France Télévisions
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Une rue de Ouagadougou (Burkina Faso), le 23 janvier 2022. (OLYMPIA DE MAISMONT / AFP)

Que se passe-t-il au Burkina Faso ? Des coups de feu ont été entendus, dimanche 23 janvier, dans plusieurs casernes du pays, dont trois situées dans la capitale Ouagadougou. Le gouvernement du président Roch Marc Kaboré a rapidement réagi en démentant une tentative de coup d'Etat et dénonçant des rumeurs. "Le gouvernement, tout en reconnaissant l'effectivité de tirs dans certaines casernes, dément ces informations et appelle les populations à rester sereines", ajoute-t-il.

"Aucune institution de la République n'a pour le moment été inquiétée", a déclaré le général Simporé dans une intervention à la télévision nationale. Il a ajouté que les mouvements observés "dans quelques casernes" sont "localisés, circonscrits", et qu'il était "en train de rentrer en contact avec ceux qui sont à la manœuvre pour comprendre les motivations".

Une population excédée par l'impuissance du pouvoir face aux jihadistes

"Depuis 1 heure du matin, des tirs ont été entendus ici à Gounghin provenant du camp Sangoulé Lamizana", a affirmé un militaire de ce quartier situé à la sortie ouest de Ouagadougou, ce qu'ont confirmé des habitants, parlant de "tirs de plus en plus nourris". Des tirs ont également été entendus dans un autre camp militaire de Ouagadougou, celui de Baba Sy, à la sortie sud de la capitale, et à la base aérienne proche de l'aéroport, selon des sources militaires. Des coups de feu se sont aussi produits dans des casernes de Kaya et Ouahigouya, dans le nord du pays, selon des habitants joints par l'AFP.

Des habitants du quartier Gounghin ont affirmé que des tirs étaient toujours entendus en milieu de matinée au camp Sangoulé, qui abrite la maison d'arrêt et de correction des armées (Maca). C'est là qu'est détenu le général Gilbert Diendéré, proche de l'ancien président Blaise Compaoré renversé en 2014 et qui vit depuis en Côte d'Ivoire. Le général Diendéré a été condamné à 20 ans de prison pour une tentative de putsch en 2015 et est actuellement jugé pour son rôle présumé dans l'assassinat de l'ancien président Thomas Sankara, icône panafricaine, en 1987.

Ces mouvements dans des casernes burkinabè surviennent au lendemain de nouvelles manifestations de colère d'habitants excédés par l'impuissance des autorités à faire face à la violence jihadiste qui ravage le Burkina Faso. Le pays est pris depuis 2015 dans une spirale de violences attribuées à des groupes armés jihadistes, affiliés à Al-Qaïda et au groupe Etat islamique. Les attaques qui visent civils et militaires sont de plus en plus fréquentes et en grande majorité concentrées dans le nord et l'est du pays. Les violences des groupes jihadistes ont fait depuis six ans plus de 2 000 morts et contraint 1,5 million de personnes à fuir leur foyer.

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