Attentat au Burkina Faso: le pays pleure les collégiens tués par l’explosion d’un car

Sept élèves figurent parmi les 14 personnes tuées le 4 janvier 2020 dans l'explosion d'un car, dans le nord-ouest du pays.

Soldats burkinabè lors d\'une cérémonie à Ouagadougou, le 2 mars 2019. 
Soldats burkinabè lors d'une cérémonie à Ouagadougou, le 2 mars 2019.  (ISSOUF SANOGO / AFP)

"L’année 2020 ne pouvait pas commencer plus mal pour le Burkina en matière de sécurité. 14 morts dont 7 élèves, 17 blessés dont 3 dans un état grave : c’est en effet le bilan macabre de l’explosion d’un car de transport causée par une mine artisanale sur l’axe Toéni/Tougan, dans la province du Sourou", déplore le quotidien L’Observateur Paalga.

Samedi 4 janvier 2020, trois cars transportant 160 passagers sont partis de la localité de Toéni pour rejoindre la ville de Tougan. L'un des cars a "sauté sur un engin explosif improvisé", selon un communiqué du ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement, Remis Fulgance Dandjinou. Et selon le ministre de l’Education, il y avait 104 élèves parmi les 160 passagers des trois cars.

"On a assisté à l’horreur à l’état pur, le 4 janvier dernier, sur l’axe Toéni-Tougan, avec la pulvérisation, à l’explosif, d’un minibus transportant pour l’essentiel des élèves en fin de congé scolaire (…). Cet énième attentat a déclenché dans tout le pays et même au-delà, une vague d’indignation, non pas seulement à cause du nombre somme toute élevé de victimes, mais aussi et surtout parce qu’il y a, parmi ces dernières, des adolescents et des femmes", constate Le Pays.

Population sans défense

"Cette fois et comme depuis quelque temps, ce sont des populations sans défense qui sont prises pour cibles. (…) Ce énième massacre dans une province sous couvre-feu depuis quelques mois, intervient après plusieurs mises en garde des Groupes armés terroristes (GAT) qui, après les régions du Nord, de l’Est, semblent de plus en plus s’enkyster dans la zone frontalière boisée avec le Mali comprise entre Tougan-Dio, Gomboro-Gani-Sémé et Loroni-Toéni", analyse, pour sa part, le quotidien Sidwaya

Au Burkina Faso, le jihadisme s'enracine rapidement selon les spécialistes, prospérant notamment sur la pauvreté et la corruption. La fin de l’année 2019 a été meurtrière. Deux attaques terroristes avaient fait plus d’une cinquantaine de morts. Mardi 24 décembre, 42 personnes ont été tuées, dont 31 femmes à Arbinda, puis, plus tard dans la nuit, une dizaine de militaires ont péri dans une attaque à Hallalé, 60 kilomètres plus au sud.