Après une rencontre historique, l'Ethiopie et l'Erythrée annoncent ne plus être en guerre

Les deux pays avaient rompu au début du conflit frontalier qui les a opposés entre 1998 et 2000 et a fait quelque 80 000 morts.

Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed et le président de l\'Erythrée Isaias Afwerki.
Le Premier ministre éthiopien Abiy Ahmed et le président de l'Erythrée Isaias Afwerki. (STR / EPA)

L'Erythrée et l'Ethiopie ont signé lundi 9 juillet à Asmara, la capitale erythréenne, "une déclaration conjointe de paix et d'amitié" formalisant leur rapprochement et stipulant que les deux pays ne sont plus en guerre, a annoncé le ministre érythréen de l'Information Yemane Gebremeskel sur Twitter.

Les deux pays s'étaient mis d'accord la veille pour renouer leurs relations diplomatiques et ouvrir leurs frontières, après des décennies d'hostilité entre les voisins de la Corne de l'Afrique. "Nous nous sommes mis d'accord pour la reprise du trafic aérien et naval, pour la circulation des personnes entre nos deux pays et la réouverture des ambassades", a déclaré samedi 8 juillet Abiy Ahmed, à l'issue de discussions dans la capitale érythréenne avec le président Isaias Afwerki.

Trois décennies de guerre et 80 000 morts

Les deux pays avaient rompu leurs relations diplomatiques au début du conflit frontalier qui les a opposé entre 1998 et 2000 et a fait quelque 80 000 morts. Les relations étaient restées particulièrement tendues depuis, en raison du refus de l'Ethiopie de céder à l'Erythrée un territoire frontalier disputé, malgré un jugement d'une commission indépendante internationale soutenue par l'ONU datant de 2002.

Ancienne province éthiopienne sur la mer Rouge, l'Erythrée a déclaré son indépendance en 1993 après avoir chassé les troupes éthiopiennes de son territoire en 1991 au terme de trois décennies de guerre. C'est l'arrivée au pouvoir à Addis Abeba en avril d'Ahmed Abiy, 42 ans, qui a ouvert la voie au dégel des relations. Le nouveau dirigeant a amorcé un train de réformes sans précédent depuis plus de vingt-cinq ans dans le deuxième pays le plus peuplé d'Afrique. Au nombre de ces bouleversements figurait l'annonce, début juin, de son intention d'appliquer l'accord de paix d'Alger signé en 2000 avec l'Erythrée et les conclusions de la commission internationale sur la démarcation de la frontière.

Dimanche, une rencontre historique entre le Premier ministre éthiopien et le président érythréen, inimaginable quelques semaines plus tôt, a lieu à Asmara, saluée par la foule.