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La Tunisienne Amina quitte les Femen, "organisation islamophobe"

La jeune femme s'interroge par ailleurs sur les financements de l'organisation féministe.

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France Télévisions
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Amina à la sortie de son procès le 1er août 2013 à Sousse, en Tunisie. (BECHIR BETTAIEB / AFP)

"Il y a eu de bonnes actions mais pas toutes."  La militante tunisienne Amina Sboui se retire du mouvement Femen car elle ne veut pas que son nom soit "associé à une organisation islamophobe". Elle a expliqué sa décision dans une interview au Huffington Post Maghreb, mardi 20 août.

"Je n'ai pas apprécié l'action où les filles criaient 'Amina Akbar, Femen Akbar' [une parodie de prière] devant l'ambassade de Tunisie en France, ou quand elles ont brûlé le drapeau du Tawhid (dogme fondamental de l'islam) devant la mosquée de Paris", regrette Amina. "Cela a touché beaucoup de musulmans et beaucoup de mes proches. Il faut respecter la religion de chacun", ajoute-t-elle.

Elle fait référence aux actions menées par les militantes féministes Femen pour la soutenir alors qu'elle était en détention provisoire pour avoir peint, à la mi-mai, le mot "Femen" sur le muret d'un cimetière à Kairouan. La jeune femme de 18 ans avait tracé cette inscription en signe de protestation à un rassemblement de salafistes interdit par les autorités qui devait se tenir à proximité. 

"Et si c'était Israël qui finançait les Femen ?" 

Amina critique par ailleurs l'opacité du financement des Femen, organisation féministe fondée en Ukraine et désormais basée à Paris. "Je ne connais pas les sources de financement du mouvement. Je l'ai demandé à plusieurs reprises à Inna [Shevchenko, chef de file du mouvement] mais je n'ai pas eu de réponses claires. Je ne veux pas être dans un mouvement où il y a de l'argent douteux. Et si c'était Israël qui finançait ? Je veux savoir", poursuit-elle. La jeune femme se dit désormais "anarchiste". 

La leader du mouvement a réagi a cette décision sur Twitter, affirmant qu'Amina n'avait "pas trahi les Femen, mais les milliers de femmes qui se sont engagées en faveur de sa liberté". 

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