Manifestation, troubles, vote interrompu... L'élection présidentielle s'est déroulée sous tension en Algérie

Les manifestants ont souhaité dénoncer la tenue du premier tour de cette élection, vue comme une manoeuvre de survie du régime.

Des manifestants opposés à l\'élection présidentielle sont réunis à Alger (Algérie), le 12 décembre 2019.
Des manifestants opposés à l'élection présidentielle sont réunis à Alger (Algérie), le 12 décembre 2019. (STRINGER / DPA / AFP)

Après presque dix mois d'une contestation populaire inédite ayant emporté le président Abdelaziz Bouteflika, les Algériens ont voté jeudi 12 décembre lors d'un scrutin marqué des tensions. Le "Hirak", "mouvement" de contestation inédit qui ébranle l'Algérie depuis février, était farouchement opposé à ce scrutin cher au pouvoir. Il exige la fin du "système" aux manettes depuis l'indépendance en 1962 et le départ de tous les anciens soutiens ou collaborateurs des 20 ans de présidence d'Abdelaziz Bouteflika.

Une manifestation massive à Alger

Pour dénoncer la tenue de cette élection, des dizaines de milliers de manifestants ont notamment envahi les rues du centre d'Alger. Si la police est brutalement intervenue pour empêcher tout rassemblement, les manifestants sont parvenus à faire nombre, jusqu'à briser un cordon de police leur barrant l'accès au carrefour de la Grande Poste, lieu symbolique de rassemblement du "Hirak".

Une petit groupe de manifestants s'est ensuite introduit dans un centre électoral du centre-ville, entraînant une brève suspension du vote. "Makache l'vote" (pas de vote !), a scandé la foule qui s'est séparée en fin d'après-midi, avant que la police ne disperse à coups de matraques la centaine de protestataires restants. Plusieurs autres marches ont été recensées à travers l'Algérie.

Le vote interrompu en Kabylie 

Le vote a aussi été arrêté dès la matinée, selon l'Autorité nationale indépendante des élections (Anie), à Bejaïa, Tizi-Ouzou et Bouira, principales localités de la région frondeuse de Kabylie à majorité berbérophone. A Béjaïa, un centre de vote a notamment été saccagé et à Bouira, une antenne locale de l'Anie a été incendiée.

A Tizi-Ouzou, les gendarmes ont tiré des grenades lacrymogènes pour repousser des manifestants tentant d'entrer au siège de la préfecture. Des affrontements entre forces de l'ordre et manifestants, qui ont fait plusieurs blessés dans les deux rangs, se sont poursuivi en fin de soirée près du bâtiment, a indiqué un élu local.