Discours d’Emmanuel Macron sur les rapatriés d’Algérie : "J’ai entendu les mots que je n’ai jamais entendus"

Le chef de l'État exprimé "la reconnaissance" de la France aux rapatriés d’Algérie mercredi à l'Élysée et reconnu deux massacres qui ont eu lieu après les accords d'Evian. Un discours plutôt apprécié par les pieds noirs présents.

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Radio France
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Emmanuel Macron a présenté un discours devant les familles des rapatriés de la guerre d'Algérie, le 26 janvier 2022 à l'Élysée. (LUDOVIC MARIN / POOL / AFP)

Le discours du chef de l’État était très attendu, après la tempête provoquée par ses propos de candidat en 2017 sur "la colonisation, crime contre l'humanité". Emmanuel Macron poursuit ses efforts pour "apaiser" les mémoires de la guerre d'Algérie avec un geste fort adressé aux pieds noirs mercredi 26 janvier, à l'approche du 60e anniversaire de la fin de ce conflit qui continue à diviser les Français. Dans un discours à l'Élysée, le chef de l'État a exprimé "la reconnaissance" de la France envers les rapatriés d'Algérie et reconnu deux "massacres" qui se sont produits après la signature des accords d'Évian du 19 mars 1962, à Alger et à Oran.  

>> Guerre d'Algérie : Emmanuel Macron a la "volonté de travailler sur cette reconnaissance et cet apaisement mémoriel", salue un historien

Après le discours d'Emmanuel Macron, Robert Ménard avait les larmes aux yeux, s’avouant "touché". Le maire de Béziers, soutien de Marine le Pen, est né à Oran en 1953 : "Pour nous, pieds noirs, c’est important. J’ai entendu les mots que je n’ai jamais entendus." Des mots, notamment, sur la fusillade de la rue d’Isly, le 26 mars 1962, lorsque l’armée française a tiré sur des partisans de l'Algérie française, à Alger. Un "crime impardonnable", dit Emmanuel Macron.

Alger, c'est là qu'est née et a grandi l’essayiste Danielle Michel-Chiche, victime d’un attentat du Front de libération nationale (FLN) algérien. "C’est un geste important", commente-t-elle. Elle retient aussi les mots du chef de l’État sur le massacre d’Oran. "Quand l’armée français, sur le commandement du président de la République de l’époque, ne va pas au secours de ces citoyens qui sont égorgés dans les rues, c’est aussi un acte important. Et ça, ça c’est passé le 5 juillet à Oran."

Jean-Félix Vallat, président d’une association de rapatriés qui revendique 3 500 adhérents, a vu "son père et sa mère assassinés, égorgés" devant lui par le FLN. "Depuis son élection, tous les gestes qu’il a faits ont été en direction des gens proches du FLN. Beaucoup de chemin reste à faire mais le pas du rééquilibrage mémoriel d’aujourd’hui est pour nous très important", salue-t-il. Un "rééquilibrage mémoriel" toujours aussi sensible : d’autres représentants associatifs ont boycotté le rendez-vous. 

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