Rétrospective de l’artiste sud-africain William Kentridge, virtuose de l’image, à Villeneuve-d'Ascq

Si William Kentridge s’est manifesté au début comme dessinateur hors pair, il a au fil des décennies développé un art pluridisciplinaire et multiforme. L’artiste crée une œuvre où se côtoient, de manière spectaculaire, dessin, peinture, gravure, sculpture, tapisserie, film d’animation, vidéo et performance.

Né à Johannesburg en 1955, où il vit toujours, William Kentridge a d’abord étudié les sciences politiques avant d’embrasser définitivement une carrière artistique. L’exposition "William Kentridge, un poème qui n’est pas le nôtre" permet de lier son œuvre aux différents courants artistiques qui ont traversé l’art du XXe siècle : constructivisme, dadaïsme, surréalisme, expressionnisme…

Son travail au théâtre et à l’opéra lui ont permis de construire des passerelles entre arts plastiques et arts du spectacle, grâce à sa profonde conscience des drames et des tragédies de l’Histoire : décolonisation, Apartheid, rôle de l’Afrique dans la Première Guerre, migration… C’est avec une ironie jamais gratuite qu’il offre au public une vision critique et poétique du monde.

Cette grande rétrospective présentée au LaM, le musée d’art contemporain de Villeneuve-d'Ascq, va de ses tout premiers dessins à sa dernière œuvre en cours. Cette exposition est la première manifestation de cette ampleur organisée par un musée français sur l’un des plus grands artistes de notre époque.

Cette exposition est prolongée jusqu’au 13 décembre 2020.

110
L’image "Drum" fait partie d’un ensemble de 18 grands dessins, réalisé pour le décor de la pièce de théâtre "Sophiatown" et mis en scène par Malcolm Perkey dans les années 1980. WILLIAM KENTRIDGE / COURTESY DE L’ARTISTE (PHOTO THYS DULLAART)
210
 La pièce de théâtre "Ubu tells the Truth" a été écrite par Jane Taylor et fut jouée en 1997 par la Handspring Puppet Company au théâtre Market de Johannesburg. Kentridge en fit la mise en scène et les séquences animées, associant des images de films documentaires, des photographies, des marionnettes ainsi qu’une trentaine de dessins réalisés pour l’animation. WILLIAM KENTRIDGE / COURTESY DE L’ARTISTE (PHOTO THYS DULLAART)
310
Avec "Man with Hat", une série de cinq dessins de grand format réalisée en 1999, William Kentridge représente un homme se baissant pour ramasser un chapeau. Chaque dessin est un moment de ce geste.  WILLIAM KENTRIDGE / COURTESY DE L’ARTISTE (PHOTO ANDRE MORIN)
410
Cette image de 2003 est un élément de l’installation composée de neuf projections qui associe le travail dans l’atelier avec un hommage au cinéaste Georges Méliès et à son célèbre "Voyage dans la Lune" (1903). L’ensemble des films projetés ("Day for Night", "Journey to the Moon"…) permet de voir le processus invisible qui précède l’élaboration d’une œuvre. WILLIAM KENTRIDGE / COURTESY DE L’ARTISTE (PHOTO ANDRE MORIN)
510
L’installation-spectacle intitulée "The Refusal of Time" est née de la rencontre de William Kentridge avec le compositeur Philip Miller et d’une série d’échanges qu’il a eus avec l’historien des sciences de l’université de Harvard, Peter Galison. Présentée pour la première fois à la Documenta (13) de Cassel en 2012, l’œuvre existe sous deux formes, l’une théâtrale et l’autre en installation vidéo. "The Refusal of Time" mêle musique, lecture, danse, chant, vidéo, machines métronomes, dessin, performance et met en scène les interrogations de Kentridge sur la notion de temps. WILLIAM KENTRIDGE / COURTESY DE L’ARTISTE & MARIAN GOODMAN GALLERY (PHOTO HENRIK STROMBERG)
610
"Remembering the Treason Trial" est composé de 63 lithographies réalisées en 2013. Dépliée, cette œuvre de près de 2 mètres sur 2 fait apparaître un immense arbre racontant l’histoire du "Treason Trial" (le procès de la trahison) entre 1955-1961 qui envoya dans les prisons de l’apartheid 156 membres du Congrès national africain pour haute trahison envers le gouvernement. Ce travail fait aussi appel aux souvenirs de William Kentridge car son père, avocat, défendit Nelson Mandela, l’un des accusés. WILLIAM KENTRIDGE / COURTESY DE L’ARTIST (PHOTO THYS DULLAART)
710
L’installation "O Sentimental Machine" de 2015 reconstitue l’espace fermé d’une antichambre d’hôtel où séjourna Trotski lors de son exil en Turquie (1929-1933). L’œuvre s’inspire de films d’archives de défilés bolchéviques, d’un discours inédit de Trotski, mêlés à une fiction humoristique sur sa secrétaire Evgenia Shelepina amoureuse d’un… mégaphone. WILLIAM KENTRIDGE / COURTESY DE L’ARTISTE & MARIAN GOODMAN GALLERY (PHOTO REBECA FANUELE)
810
Ce dessin fait partie de "The Head & the Load", une œuvre commandée pour la commémoration du centenaire de la Première guerre mondiale. "The Head & the Load", d’abord présentée à la Tate Modern à Londres en 2018, offre une synthèse saisissante du travail de William Kentridge. Dans une mise en scène époustouflante montrant le lien entre la Première guerre mondiale et le colonialisme, Kentridge développe une œuvre plastique aux allures de théâtre d’ombres. Il se saisit des zones crépusculaires de notre histoire pour rendre visible l’invisible.       WILLIAM KENTRIDGE / COURTESY DE L’ARTISTE (PHOTO THYS DULLAART)
910
Avant de passer à l’échelle réelle et monumentale de "The Head & the Load", Kentridge réalise en 2018 sa maquette intitulée KABOOM! Cette installation cinématographique permet de voir et comprendre la façon dont l’artiste travaille avec un montage de dessins, de cartes et de paysages, de projections d’ombres, de textes et de listes de noms.      WILLIAM KENTRIDGE / COURTESY DE L’ARTISTE ET DE LAUT ARCHIV (PHOTO THYS DULLAART)
1010
L’exposition "William Kentridge, un poème qui n’est pas le nôtre" permet aux visiteurs de s’immerger dans le processus de création de l’artiste grâce aux petits films expérimentaux, "Drawing Lessons" le présentant dans son atelier. "L’atelier est un espace fermé, physiquement mais aussi psychiquement, comme un cerveau en plus grand ; la déambulation dans l’atelier est l’équivalent des idées qui tournent dans la tête", déclare l’artiste.  PHOTO STELLA OLIVER