Le "faux traducteur" de la cérémonie pour Mandela est un schizophrène accusé de meurtre

Selon un site d'informations sud-africain, l'imposteur a déjà été accusé de nombreux crimes et délits ces vingt dernières années.

Barack Obama lors de son discours pendant l\'hommage à Nelson Mandela, en Afrique du Sud, le 10 décembre 2013. A ses côtés, le faux interprète en langue des signes.
Barack Obama lors de son discours pendant l'hommage à Nelson Mandela, en Afrique du Sud, le 10 décembre 2013. A ses côtés, le faux interprète en langue des signes. (EVAN VUCCI / AP / SIPA)

Il n'est pas qu'un imposteur. Thamsanqa Jantjie, l'homme qui s'est fait passer pour un (piètre) traducteur en langue des signes pendant la cérémonie d'hommage à l'ancien président Nelson Mandela mardi, avait déjà fait parler de lui.

Selon le site d'informations sud-africain Enca.com, il souffre de schizophrénie et a déjà été accusé de nombreux crimes et délits ces vingt dernières années : viol (1994), vol (1995), cambriolage (1997), dommage par acte de malveillance (1998) et enfin, meurtre et tentative de meurtre en 2003. Selon le site, il a échappé à de nombreuses condamnations, car il était jugé irresponsable en raison de sa maladie. Acquitté dans l'affaire de viol, il a cependant été condamné à trois ans de prison pour vol, poursuit Enca.

"[La rédaction] a pu établir ces faits en moins de 48 heures, ce qui pose de sérieuses questions quant aux dispositifs de sécurité pendant [la cérémonie] et sur les raisons pour lesquelles le gouvernement s'est montré incapable de retracer le passer de Jantjie", indique le média. Sur l'estrade, l'imposteur a en effet approché les grands de ce monde, ainsi que les personnalités politiques du pays. 

Le gouvernement s'excuse officiellement 

Vendredi, le gouvernement sud-africain a présenté des excuses formelles à la communauté des malentendants pour la traduction en langue des signes de la cérémonie d'hommage à Nelson Mandela, massacrée par ce non-professionnel. Le ministre de la Culture, Paul Mashatile, a par ailleurs annoncé le vote "probablement au début de l'an prochain" d'une loi pour encadrer la profession "afin que ce genre d'incidents ne se reproduise jamais plus". La veille, la ministre adjointe au ministre des Personnes handicapées, Hendrietta Bogopane-Zulu, avait admis "une erreur", soulignant que l'interprète n'avait peut-être pas le niveau en anglais, était fatigué et rejetait la faute sur son entreprise.

Mardi, l'ensemble de la communauté des sourds a assisté avec stupéfaction et indignation à l'improbable traduction de Thamsanqa Jantjie. Un traducteur en langue des signes, invité sur le plateau du talk-show de l'Américain Jimmy Kimmel, a accepté de traduire les signes incohérents de l'imposteur : "Bonjour, bienvenu jusqu'à présent. Eh bien, une cigarette rejoint. Apportant différent de vous. Un cercle. Et je voudrais prier cette offre. En gros, c'est drôle. Toutes ces boules pour prouver. C'est bon, je suis désolé." 

La principale association des sourds sud-africains, Deaf SA, avait dès mercredi souligné que l'interprète défaillant avait déjà été vu dans d'autres événements officiels, et qu'elle s'était plainte de ses gestes sans signification dans un rapport adressé au gouvernement.